Politique

La méthode AQMI

Al-Qaïda au Maghreb islamique a revendiqué l’enlèvement de quatre Occidentaux. Ce faisant, l’organisation terroriste suit toujours la même procédure.

Le scénario est désormais bien huilé. Le 8 décembre, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a revendiqué l’enlèvement, le 29 novembre, en Mauritanie, de trois humanitaires espagnols. Comme d’habitude, le groupe a observé un délai – neuf jours – avant de sortir du bois. Le temps d’acheter les otages à des « sous-traitants » ? Car, selon plusieurs experts, des bandits en tout genre enlèveraient des Occidentaux de leur propre initiative avant de les proposer – moyennant finance – à AQMI, qui ne raterait pas une telle occasion d’exister.

 

Flux de drogues

Comme d’habitude aussi, l’enlèvement a été revendiqué par un enregistrement sonore (diffusé par Al-Jazira). « Deux unités de vaillants moudjahidine ont réussi à enlever quatre Européens », s’est félicité un porte-parole. Outre les trois humanitaires espagnols, un Français a été kidnappé le 25 novembre à Menaka, dans le nord-est du Mali. Aux confins de l’Algérie et du Mali, cette zone saharo-sahélienne est considérée comme le sanctuaire d’AQMI. Elle fait aussi partie d’un no man’s land plus vaste où convergent des « flux de drogues » venant de l’est et de l’ouest du continent, selon Antonio Costa, directeur du Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Le 8 décembre, ce dernier a prévenu le Conseil de sécurité : ces trafics sont autant de sources de financement pour « les terroristes et les forces antigouvernementales » de la région.

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