Droits de l’homme

Ethiopie : la femme qui défie Zenawi

Birtukan Mideska, condamnée à perpétuité © D.R

Porte-parole de l’Afrique au sommet de Copenhague, bien vu des bailleurs de fonds pour avoir réformé, redressé et assaini l’économie de son pays – lequel enregistre un taux de croissance annuel à deux chiffres depuis 2002 –, le Premier ministre éthiopien, Mélès Zenawi, fait partie du club des chefs d’État pour qui développement ne rime pas avec démocratie.

Après les quelque deux cents morts et le millier d’arrestations qui ont suivi les élections contestées de mai 2005, puis la découverte, en avril 2009, d’un « complot contre la sûreté de l’État » impliquant une quarantaine de militaires, voici venu le temps des sentences. Le 22 décembre dernier, cinq opposants – dont l’ancien maire d’Addis-Abeba élu en 2005, Berhanu Nega – ont été condamnés à mort, et trente-trois à la réclusion à perpétuité après ce qu’Amnesty International a qualifié de « parodie de procès ». Selon l’accusation, les inculpés voulaient assassiner des membres du gouvernement pour protester contre la mainmise des Tigréens – le groupe ethnique auquel appartient Mélès Zenawi – sur les rouages du pouvoir.

Si Berhanu Nega, qui vit en exil aux États-Unis, d’où il anime le mouvement d’opposition clandestin Ginbot 7 (« 15 mai »), échappe à la prison, il n’en va pas de même pour Birtukan Mideksa, « l’Aung San Suu Kyi éthio­pienne ». Condamnée à la réclusion à perpétuité il y a tout juste un an, le 28 décembre 2008, cette magistrate de 36 ans, leader de la Coalition pour l’unité et la démocratie, est une victime directe de la vindicte de Zenawi. Lequel n’a en effet pas admis que cette adepte de la non-violence refuse publiquement de lui demander pardon pour avoir participé aux manifestations réprimées de mai 2005. À quelques mois des élections générales de mai 2010, le Premier ministre éthiopien entend faire du cas Mideksa une démonstration de sa propre détermination.

Interrogé sur ce point à la mi-décembre au cours d’une conférence de presse, il répondait : « Il est hors de question de négocier avec qui que ce soit la libération de cette femme. Jamais. Oubliez ça. » 

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