Politique

Quand Ahmed rencontre Louisa…

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Mis à jour le 6 janvier 2010 à 15:55

L’accord électoral entre le Parti des travailleurs et la formation du Premier ministre, le Rassemblement national démocratique (RND), a beaucoup surpris.

L’accord électoral en vue des élections sénatoriales du 27 décembre entre le ­Parti des travailleurs (PT, de Louisa Hanoune) et le Rassemblement national démocratique (RND, d’Ahmed Ouyahia) a surpris observateurs et acteurs de la scène poli­tique en Algérie. Une alliance, fût-­elle conjoncturelle, entre la première opposante et le patron de l’exécutif pourrait paraître incongrue. Mais à bien y regarder, elle n’a rien de surprenant.

Les cli­vages idéolo­giques entre la formation ouvriériste et ­celle du Premier ­ministre d’un gouvernement à tendance libérale se sont considérablement réduits ­depuis que ce dernier a fait sien le patriotisme économique, illustré par l’adoption, en juillet 2009, d’une loi de finances complémentaire (LFC) introduisant des mesures de reprise en main de l’économie par l’État, principale reven­dication du PT.

Balbutiements de la culture démocratique

À ceux, parmi ses pairs de l’opposition, qui lui reprochent d’avoir ­renié ses convictions, Louisa ­Hanoune ­répond qu’elle n’a fait « aucune concession, mais, au contraire, [qu’elle a] obtenu des garanties sur le respect de nos principes et de notre indépendance de décision. Un accord politique ne signifie pas pour autant une alliance et encore moins notre participation à un gouvernement de privatiseurs ». Quant au RND, il a eu droit, lui aussi, aux cris d’orfraie de ses partenaires de l’Alliance présidentielle (les nationalistes du FLN et les Frères musulmans du MSP).

Son porte-parole, le député Miloud Chorfi, a rétorqué : « Rien ne nous interdit de nous ­allier avec un parti pour qui la ­défense des intérêts de la Nation est un souci constant. » En démocratie, un ­accord politique entre deux partis à la veille d’une échéance électorale est une pratique somme toute ­banale. Ce n’est pas le cas en Algérie, où la culture démocratique en est à ses balbutiements.