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Cet article est issu du dossier «Cameroun, les défis de la croissance»

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Energie : du délestage à l’export

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Les autorités ont mis en œuvre un programme de réhabilitation et de développement de la capacité énergétique, qu’elles veulent porter à 3 000 MW à l’horizon 2020.

Un comble… Bien que disposant du deuxième potentiel hydroélectrique d’Afrique après la RD Congo, le Cameroun est contraint, depuis 2000, de rationner sa distribution d’électricité. Parce que la demande croît de 6 % par an et qu’il a subi de sévères saisons sèches, alors que l’énergie qu’il consomme est à 95 % d’origine hydroélectrique. Ce déficit, qui a pénalisé les PME-PMI et entraîné un ralentissement de la croissance, s’est cependant réduit, de 220 GWh en 2003, il n’est plus que de 40 GWh par an. Pour arriver à un tel résultat, les autorités ont mis en œuvre un programme de réhabilitation et de développement de la capacité énergétique, qu’elles veulent porter à 3 000 MW à l’horizon 2020.

Pour diversifier la production, une centrale au fioul lourd d’une capacité de 86 MW a été inaugurée à Yassa (près de Douala) le 15 décembre, et une centrale thermique à gaz va être construite près de Kribi. Un grand projet hydroélectrique pourrait être livré en 2012, à Lom-Pangar (Est). Le projet prévoit notamment un réservoir de 6 milliards de m3 d’eau, large de 540 km2, capable d’approvisionner les barrages d’Édéa et de Song Loulou pour produire 250 GWh par an. Une fois le déficit intérieur résorbé, la Kribi Power Development Corporation (KPDC), chargée de la construction et de l’exploitation des centrales de Kribi et de Yassa, envisage de vendre les excédents d’énergie.

Ces derniers mois, les voisins nigérian et tchadien ont dépêché des émissaires à Yaoundé pour étudier des possibilités d’interconnexion avec le réseau camerounais. Ali Mohammed Dandiyya, gouverneur de l’État fédéré nigérian de l’Adamawa, souhaite se raccorder au réseau du barrage de Lagdo, qui alimente la région nord du Cameroun. Les besoins des États frontaliers nigérians se chiffrent à 30 MW. Cette demande pourrait doubler d’ici à 2010. Le Tchad, dont N’Djamena, Moundou, Doba et d’autres villes du Sud s’approvisionnent déjà au Cameroun, devrait également augmenter sa demande. 

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