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Cet article est issu du dossier «Cameroun, les défis de la croissance»

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3 questions à… Romuald Fonkoua

Professeur de littérature française et africaine à l’université de Strasbourg-II

Jeune Afrique : Avec l’entrée en scène, ces dix dernières années, de Miano, Effa, Ebodé, Nganang…, peut-on parler d’un nouveau souffle de la littérature camerounaise ?

ROMUALD FONKOUA : Oui, à condition de ne pas oublier qu’elle ne se réduit pas aux écrivains de la diaspora. Aux côtés des noms que vous avez cités, qui sont pour l’essentiel publiés à l’étranger, il y a ceux qu’on pourrait appeler des écrivains de l’intérieur. Notamment des poètes, des dramaturges. Ils sont publiés par des maisons d’édition sur place, comme les éditions Clé. On connaît mal ces écrivains à l’étranger, mais ils ont un lectorat substantiel.

Y a-t-il une spécificité camerounaise dans le corpus littéraire africain ?

Cette spécificité consiste à avoir été les premiers à dénoncer la situation coloniale. Mongo Beti et Ferdinand Oyono ont été en quelque sorte les pionniers de la contestation. On se souvient de la critique virulente qu’avait faite Beti, dans les pages de Présence africaine, de L’Enfant noir, du Guinéen Camara Laye. Son article s’intitulait « Afrique noire, littérature rose » ! L’autre spécificité est le bilinguisme. Le Cameroun est le seul pays africain à posséder une littérature à la fois en anglais et en français.

Trois romans camerounais qu’il faut absolument lire ?

Perpétue de Mongo Beti (paru chez Buchet-Chastel en 1974), Le Vieux Nègre et la médaille de Ferdinand Oyono (paru chez Julliard en 1956) et, au choix, l’un des quatre romans de Léonora Miano. Peut-être Contours du jour qui vient (paru chez Plon en 2006). 

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