Politique

Dégâts collatéraux

| Par Jeune Afrique

Omar Mutallab a raté son attentat mais a fait des victimes collatérales. En premier lieu, son pays. Le Nigeria, qui travaille intensément depuis quelques années à améliorer son image, est désormais considéré, par les États-Unis, comme un nid de terroristes potentiels.

Les Nigérians, déjà accusés d’être des champions du blanchiment d’argent, de la contrefaçon, du trafic de drogue, des arnaques via Internet, et autres pratiques criminelles, n’avaient pas besoin de ce genre de publicité. Le ministère de la Communication venait de lancer une campagne sur le thème « Nigeria Good People, Great Country » (« le Nigeria, des gens bien, un grand pays »).

Le Nigeria a été ajouté par les États-Unis sur la liste des pays dont les ressortissants font l’objet d’une surveillance particulière. Il rejoint ainsi, en ce qui concerne les pays africains, la Libye, la Somalie et le Soudan. L’Algérie figure aussi sur cette liste actualisée des 14 « parias », et n’a pas manqué de faire connaître sa réprobation.

Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Ojo Maduekwe, a estimé que cette décision était « inacceptable » et a dénoncé une politique de « deux poids deux mesures », citant le cas de Richard Reid, le Britannique accusé d’avoir voulu faire exploser un vol Paris-Miami en décembre 2001, qui n’avait pas valu à la Grande-Bretagne de figurer sur une telle liste.

Idem pour la France et le Maroc, qui n’ont pas été indexés après l’inculpation du Franco-Marocain Zacarias Moussaoui dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 11 Septembre.

L’affaire Mutallab a également engendré une polémique aux États-Unis, où le président Barack Obama se voit reprocher son « laxisme » par les conservateurs.

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