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Haïti, année zéro

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Hédi Annabi, ou l’idéal onusien

Mis à jour le 16 janvier 2010 à 16:18

Mis à jour le 21/01/10 : Le décès de Hédi Annabi a été confirmé le 18 janvier 2010.

Trois jours après le séisme et au moment où nous mettions sous presse, Hédi Annabi, le chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), était toujours porté disparu. Ce Tunisois de 65 ans, diplomate de carrière, est connu pour sa grande culture, sa discrétion et son dévouement. « Son père et son frère sont de grands médecins, et Hédi a lui-même une véritable fibre humanitaire. Il croit profondément en l’idéal onusien et a consacré sa vie à la recherche de la paix », témoigne un membre de sa famille.

Diplômé de littérature anglaise de l’Université de Tunis, Annabi complète ses études à Sciences-Po Paris, puis à l’Institut des hautes études internationales de Genève. Rentré en Tunisie, il devient conseiller diplomatique auprès du Premier ministre, avant d’être nommé à la tête de l’Agence Tunis-Afrique-Presse.

Il entre à l’ONU en 1981. D’abord administrateur, il travaille, entre 1982 et 1991, auprès du Secrétariat général, au règlement de la crise cambodgienne. En 1993, il rejoint le département des opérations de maintien de la paix, où il dirige la division Afrique. Nommé sous-secrétaire général adjoint des opérations de maintien de la paix en 1997, il devient représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Haïti dix ans plus tard.

Alain Leroy, chef du service du maintien de la paix à l’ONU, a annoncé le 13 janvier que son adjoint, le Guatémaltèque Edmond Mulet, allait provisoirement reprendre les rênes de la Minustah. De son côté, Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, a indiqué que « Bill Clinton s’occupe de remplacer, s’il est vrai qu’il est mort, notre ami Hédi Annabi ». L’ancien président des États-Unis, devenu envoyé spécial de l’ONU pour Haïti en mai 2009, ne ménage pas ses efforts, depuis le séisme, pour mobiliser la communauté internationale et collecter des fonds.