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Cet article est issu du dossier «1960 : enfin libres !»

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Politique

Le pragmatisme britannique

Parallèle à la française, la décolonisation britannique était, théoriquement, plus facile, parce que, pragmatique, elle n’était pas empêtrée dans un projet semblable à celui de l’assimilation. La métropole avait plus ou moins fait le deuil de son empire en 1947. L’évolution consista à étendre les pouvoirs des organes territoriaux tout en y augmentant le nombre des membres élus par rapport à celui des membres nommés par le gouverneur britannique, ainsi que le nombre des Africains, à partir de zéro, par rapport à celui des Européens.

L’action des leaders anglophones tendit plus à accélérer le mouvement qu’à changer radicalement les structures. Cela n’excluait pas la contestation du régime colonial, surtout dans les colonies de peuplement, où les colons cherchaient l’inspiration du côté de Pretoria. C’est ainsi que la révolte des Mau-Mau attira l’attention du monde sur le Kenya en 1952. Révolte violente et violemment réprimée, elle était dirigée contre les colons qui avaient accaparé les terres en pays kikouyou. Accusé de collusion avec les Mau-Mau, le principal dirigeant politique, Jomo Kenyatta, fut condamné à sept ans de prison en 1953. Toute évolution significative fut gelée jusqu’en 1959, date à laquelle fut aboli le monopole des Blancs sur les hautes terres fertiles.

Dans la Fédération des Rhodésies (Zimbabwe et Zambie) et du Nyassaland (Malawi), ce n’est qu’à partir de 1957 que les mouvements nationalistes se sont formés. En 1959, deux des leaders, le Rhodésien du Nord (Zambie) Kenneth Kaunda et le Nyassa Hastings Banda, sont en prison ; le troisième, le Rhodésien du Sud (Zimbabwe) Joshua Nkomo, est en fuite.

En Ouganda et au Tanganyika, ce dernier sous tutelle de l’ONU, les premières élections ont eu lieu en 1958. La démocratisation est en marche, et les nationalistes Milton Obote et Julius Nyerere sont devenus des interlocuteurs des gouverneurs.

En Afrique britannique de l’Ouest, le Ghana, premier producteur mondial de cacao, est riche et indépendant. Son charismatique président, Kwame Nkrumah, en a fait le pays phare de l’Afrique. Le Nigeria est beaucoup plus grand ; les choses y sont plus complexes. L’administration britannique y a mis en place des statuts successifs fédéraux, prenant acte des différences entre, d’un côté, l’Est et l’Ouest – deux provinces méridionales politiquement impatientes –, et, de l’autre, le Nord, attaché à ses structures féodales. Le statut de 1957 a accordé une autonomie immédiate à l’Est et à l’Ouest. En 1959, le processus s’achève : le Nord devient une province comme les deux autres. Malgré les réticences du Nord, il est convenu que le Nigeria sera indépendant l’année suivante.

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