Politique

Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Wole Soyinka à la tête d'une manifestation pour réclamer un changement constitutionnel © K Emmanuel/APA

Hospitalisé depuis le mois de novembre, le président Umaru Yar’Adua s’est enfin exprimé. Mais ses propos n’ont pas rassuré.

Le remède n’est pas meilleur que le mal. Le 12 janvier au matin, le Nigérian Umaru Yar’Adua s’est exprimé pendant une minute à la radio. Objectif : rassurer ses 150 millions de compatriotes, inquiets de n’avoir ni vu ni entendu le chef de l’État depuis son hospitalisation, le 23 novembre, en Arabie saoudite.

« Je suis sous traitement, je vais mieux », a-t-il déclaré, la voix chevrotante. À quand le retour au pays ? « Dès que les médecins me l’autoriseront », a-t-il répondu, avant d’encourager l’équipe nigériane de football pour la Coupe d’Afrique des nations.

L’interview n’a pas convaincu. La manifestation prévue le 12 janvier à Abuja a été maintenue. « Umaru, où es-tu ? ». Emmenés par le Prix Nobel de littérature Wole Soyinka, les 2 000 participants ont scandé ce simple message en se dirigeant vers le Parlement où, au même moment, la santé du chef de l’État faisait l’objet d’un débat.

Goodluck Jonathan assure l’intérim

Le mystère plane. À 58 ans, l’ancien professeur de chimie aurait déjà subi deux greffes de rein. Selon la version officielle, il souffre actuellement d’une « péricardite aiguë », une inflammation de la paroi entourant le cœur.

Le 13 janvier, la Haute Cour fédérale a ordonné au vice-président, Goodluck Jonathan, d’exercer les pouvoirs du chef de l’État jusqu’à son retour. Pour autant, il ne devient pas calife à la place du calife. Yar’Adua n’a pas démissionné. Pour que Jonathan assure officiellement l’intérim jusqu’à la fin du mandat en 2011, deux tiers des ministres doivent soutenir que Yar’Adua est « inapte », et un comité médical nommé par le Sénat doit en apporter la preuve. Absent depuis bientôt deux mois, Yar’Adua a raté le rendez-vous des vœux à la nation. Il n’a pu appeler au calme lors des affrontements entre factions de la secte islamiste Kala-Kato qui, fin décembre, ont fait 70 morts. Il n’a pas défendu le Nigeria face à la décision américaine de placer ses ressortissants sur la liste des passagers à surveiller (après la tentative d’attentat d’un jeune Nigérian, le 25 décembre, sur un vol Amsterdam-Detroit). Et quand enfin il s’explique, il choisit curieusement la BBC plutôt qu’une radio nationale.

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