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Tourmente judiciaire

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Mis à jour le 19 janvier 2010 à 14:57

C’est une déflagration qui secoue Sonatrach, l’entreprise publique des hydrocarbures algérienne : Mohamed Meziane, son PDG depuis septembre 2003, a été inculpé, le 13 janvier à Alger, dans une affaire de malversations présumées et placé sous contrôle judiciaire, à l’instar de Chawki Rahal, l’un des quatre vice-présidents, en charge de la commercialisation, et de cinq autres cadres du groupe. Selon le quotidien algérien El Watan, deux autres vice-présidents de Sonatrach – Benamar Zenasni, responsable de l’activité transport par canalisation, et Belkacem Boumedienne, à la tête de l’activité amont (exploration et production) – et deux enfants de Mohamed Meziane ont également été mis sous mandat de dépôt ; de même que Hachemi Meghaoui, un ancien dirigeant de la banque publique Crédit populaire d’Algérie (CPA), son fils (propriétaire d’un bureau d’études), ainsi qu’un entrepreneur.

Au total, une quinzaine de personnes se retrouvent dans le collimateur de la justice. Qui les soupçonne d’être impliquées dans une vaste affaire de corruption liée à l’octroi jugé douteux de plusieurs marchés publics à deux bureaux d’études et à une entreprise d’installation d’équipements de sécurité.

Cité par Reuters, Abdelmajid Attar, ex-PDG de Sonatrach, a qualifié l’affaire de « véritable séisme », tout en minimisant son impact sur le fonctionnement de la compagnie. L’affaire n’a pas fini de faire du bruit, d’autant que ni le ministre de l’Énergie et des Mines, Chakib Khalil, ni le président Bouteflika ne se sont encore exprimés. Celui-ci, toujours selon El Watan, aurait lui-même ordonné l’enquête et saisi le Département du renseignement et de la sécurité (DRS). L’enquête préliminaire a ainsi été menée par des officiers militaires judiciaires – à affaire exceptionnelle, instruction particulière – et est désormais aux mains du tribunal de Sidi M’hamed, à Alger. Sans réaction officielle, tant de la part de Sonatrach que du ministère de l’Énergie et de celui de la Justice, cette affaire n’a pas encore dévoilé tous ses dessous ni ses enjeux – l’enquête est toujours en cours. Dernière précision de taille : tout accusé bénéficie de la présomption d’innocence.