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Islam made in France

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Leaders et penseurs…

Mis à jour le 23 février 2010 à 11:58

Fouad Alaoui

En créant dans les années 1980 le premier syndicat étudiant confessionnel à l’université de Bordeaux, Fouad Alaoui, titulaire d’un doctorat de neuropsychologie, lançait sa première initiative de structuration de l’islam de France. Aujourd’hui président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), il est perçu comme le tenant d’un discours lobbyiste à l’américaine au profit des musulmans.

Mohammed Arkoun

L’indéniable savoir de ce philosophe et historien franco-algérien impressionna des générations entières de thésards de la Sorbonne. Tous reconnaissent l’acharnement de cet auteur de nombreux ouvrages – notamment La Pensée arabe et Pour une critique de la raison islamique – à ouvrir la pensée occidentale à une approche scientifique de l’islam et son obstination à convaincre les gouvernements français successifs de créer une École nationale d’études islamiques à vocation laïque. Il prône le modernisme et l’humanisme islamiques.

Leïla Babès

On doit à cette sociologue née en Algérie et professeure d’histoire des religions, à Lille, une série d’ouvrages – notamment Loi d’Allah, loi des hommes – sur le droit musulman, le voile ou l’évolution contemporaine de l’islam. Ses positions non exemptes de polémiques témoignent du courage d’une féministe croyante qui ne craint pas de dénoncer l’interprétation machiste du message coranique et qui privilégie la foi au dogme.

Dalil Boubakeur

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris – né en Algérie – est sans conteste le représentant d’un islam du juste milieu. Érudit, travailleur, à la culture raffinée, à l’esprit cartésien et au caractère arrangeant avec la République, il ne fait pourtant pas l’unanimité. Premier président nommé du Conseil français du culte musulman (CFCM), en 2003, il a refusé de se représenter lors des élections de 2008. Certains lui reprochent, notamment, ses accointances avec la droite.

Dounia Bouzar

Si Dounia Bouzar est sur le devant de la scène depuis le récent débat sur la burqa – dénonçant une dérive sectaire sans justification religieuse –, elle est tout sauf une néophyte. Anthropologue française d’origine algérienne, elle travaille sur la question depuis de nombreuses années. Les banlieues, l’orthodoxie religieuse, les liens entre intégration et religion sont les sujets d’étude de cette universitaire et éducatrice à la protection judiciaire de la jeunesse.

Malek Chebel

On doit à cet anthropologue et philosophe algérien un travail de vulgarisation certain de la littérature islamique. Que ce soit à travers sa Psychanalyse des Mille et Une Nuits ou dans ses nombreux ouvrages sur la sexualité et l’érotisme, Malek Chebel a rendu accessible en France un chapitre de l’histoire musulmane souvent ignoré, qui n’est pas celui de ses dogmes, mais celui de ses transgressions. Son combat : « l’islam des Lumières et l’islam du bien-vivre ».

Khadidja Khali

Militante infatigable de la cause des femmes et du dialogue franco-algérien, Khadidja Khali est présidente de l’Union française des femmes musulmanes. Femme de réseaux, elle a ses entrées au sein de la classe politique et a soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy en 2007. À presque 80 ans, elle se veut une figure de l’islam de France, même si les milieux associatifs peinent parfois à accréditer son action.

Tareq Oubrou

Depuis la parution de son dernier livre, Profession imam, Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, d’origine marocaine, échappe désormais à l’étiquette de « proche des Frères musulmans » et rejoint l’aile libérale du courant réformiste musulman. Homme de terrain, il revendique une identité française pour l’islam, étudie le rapport entre charia et laïcité et se prononce pour une levée de l’obligation coranique du voile.

Tariq Ramadan

Bien que de nationalité suisse, Tariq Ramadan recrute essentiellement dans les banlieues françaises, où ses interventions sont très suivies. Volontiers polémiste et provocateur, fustigé par l’intelligentsia européenne, ce petit-fils du fondateur des Frères musulmans, l’Égyptien Hassan al-Banna, plaide pour un islam citoyen et militant. Il ne craint pas de défendre la pratique cultuelle quand elle ne va pas à l’encontre de la loi de la république.