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Année décisive pour la BAD

Réunis à Tunis le 12 février, les 53 ministres africains des ­Finances ont voté à l’unanimité la résolution portant sur le triplement du capital de la Banque africaine de développement (BAD), qui passera de 33,7 milliards à 101 milliards de dollars (+ 200 %). C’est énorme par rapport à la dernière augmentation de 1998 (+ 35 %). Mais, selon Donald Kaberuka, le président de la BAD, c’est vital pour consolider sa position de leadership sur le marché africain des capitaux et préserver sa notation AAA (le niveau le plus haut) établie par les agences spécialisées dans l’évaluation des risques.

Face aux crises successives – alimentaire et pétrolière en 2008, économique et financière en 2009 –, la BAD a été appelée à multiplier ses interventions et à jouer un rôle inhabituel de « pompier » : opérations d’urgence afin de permettre aux États de boucler leur budget et pour aider les entreprises à financer leurs activités liées au commerce extérieur. Ses crédits ont ainsi doublé et atteint 12 milliards de dollars en 2009.

Pour relancer la croissance économique en Afrique, le plan stratégique à moyen terme (2010-2012) prévoit un rythme annuel de 10 à 11 milliards de dollars. Si les ressources sont disponibles, évidemment. Si elles ne le sont pas, la banque retombera alors au niveau de 3 à 4 milliards de dollars par an. Ce qui serait catastrophique et contraire aux recommandations du sommet du G20 de septembre 2009, à Pittsburgh (États-Unis).

Or le triplement du capital exige l’aval des autres actionnaires de la BAD, les 24 États non régionaux, qui participent à hauteur de 40 %. La plupart d’entre eux sont favo­rables, mais ce n’est pas encore l’unani­mité. Après Tunis, les concertations se sont poursuivies en comité restreint au Cap (Afrique du Sud), du 21 au 23 février. Le vote décisif aura lieu en mai prochain. 

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