Politique

Président en armes

| Par Jeune Afrique
Le commandant Salou Djibo (à g.) avec Mohamed Ibn Chambas

Le commandant Salou Djibo (à g.) avec Mohamed Ibn Chambas © SIPA

Natif du village de Namaro, dans la région de Tillabéry (sud du pays), le chef d’escadron Salou Djibo (45 ans) a choisi le métier des armes après avoir obtenu un baccalauréat en lettres. En 1995, il a 30 ans et achève sa formation d’officier à Bouaké, en Côte d’Ivoire. Aspirant en janvier 1996 quand le général Ibrahim Baré Maïnassara prend le pouvoir, sa carrière militaire évolue très vite. Ses aptitudes lui valent de nombreux séjours de formation à l’étranger. En Chine, il se spécialise dans les armes, en 1998, et suit des cours d’artillerie, en 2001. Six ans après, il est admis à l’Académie royale militaire de Meknès, au Maroc. Solide formation, donc, mais il a également connu l’épreuve du feu : à Agadez, dans le nord du pays, pour combattre la rébellion touarègue, et dans la région du lac Tchad face aux Toubous. Son parcours est enfin marqué par deux missions africaines. En Côte d’Ivoire, il a commandé une unité de l’Onuci, en 2004, et il a été observateur militaire en RD Congo, en 2006.

Ce commandant peu loquace jouit d’un grand prestige au sein de la troupe, plus particulièrement parmi ses hommes de la Compagnie de commandement d’appui et de services (CCAS), une unité d’élite. Salou Djibo n’est ni le plus gradé ni le plus âgé des membres de la junte. Et s’il a hérité du poste de président du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), c’est parce qu’il a été le principal artisan du putsch du 18 février. Son unité a déclenché l’opération. Cet « officier sac à dos » était au palais durant l’attaque.

Discret, fuyant le brouhaha des mess d’officiers, le nouvel homme fort du Niger, marié et père de cinq enfants, évite soigneusement les mondanités civiles et militaires, préférant la compagnie de ses hommes à celle des « gens de l’esprit », comme le rapporte un de ses fidèles lieutenants. Si une conversation ne porte pas sur le maniement des armes ou la portée des canons, elle est dénuée d’intérêt. On ne lui connaît qu’une faiblesse : il est toujours partant pour une partie de belote. Pas sûr qu’il en ait encore le loisir.

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