Politique

Remaniement sans surprise

Mis à jour le 1 mars 2010 à 17:05

Longtemps attendu, le remaniement du gouvernement a finalement eu lieu le 19 février. La nouvelle équipe compte 43 membres, contre 54 pour la précédente. On note l’arrivée de 20 nouvelles personnalités, la fusion de quatre ministères et la suppression de huit postes de vice-ministres. Le fait le plus important est la reconduction du Premier ministre, Adolphe Muzito, dont la tête a été réclamée à plusieurs reprises par l’opposition, mais aussi au sein de la majorité. C’est une victoire pour le Parti lumumbiste unifié (Palu), la formation politique de Muzito, et une défaite évidente pour les chefs de partis, dont certains sont au gouvernement, et qui lui ont toujours reproché sa « gestion calamiteuse ».

Mais selon un analyste congolais qui tient à rester anonyme, cette reconduction du Premier ministre relève d’une tactique : « Les gens sont coincés dans cette large coalition qui peine à trouver sa cohésion, estime-t-il. Il ne faut pas du tout s’attendre à un progrès dans la manière de gérer. Le cas Muzito ressemble bien à un sursis jusqu’à la prochaine faute qui le fera chuter. »

Autre fait notable, la non-participation à ce gouvernement du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), la face politique de l’ancienne rébellion que dirigeait Laurent Nkunda, aujourd’hui assigné à résidence au Rwanda, pays qui l’a longtemps soutenu. Apparemment, la perspective de voir des membres du CNDP au gouvernement n’enchantait pas grand monde. Il est possible aussi que le président Joseph Kabila n’ait pas eu envie de céder aux pressions de certaines chancelleries, qui voyaient dans une ouverture en direction du CNDP un gage de bonne volonté à l’égard de Kigali.

Comme d’habitude, les femmes sont sous-représentées dans la nouvelle équipe : à peine cinq ministres et vice-ministres. Le temps de la parité est encore loin. En attendant, les ministres doivent réussir ce pour quoi ils ont été nommés : l’année du social. « mission impossible », tranche un observateur, qui ne croit pas plus à la cohésion de cette nouvelle équipe qu’à l’ancienne.