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Cet article est issu du dossier «Gabon : changement d'ère»

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Société

L’horizon économique sera numérique

Lancement du réseau de fibre optique et, bientôt, de la 3G, projet de télédiffusion en haute définition... le Gabon passe définitivement à l’ère du village planétaire.

Faut-il y voir l’empreinte de Cheick Modibo Diarra, le conseiller spécial du chef de l’État et néanmoins président de Microsoft Afrique ? Quoi qu’il en soit, le Gabon d’Ali Bongo Ondimba foisonne de projets liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC).

Du 17 au 19 février, le pays a organisé à Libreville son premier salon de l’économie numérique, baptisé « Gabon numérique 2010 », pour permettre au plus grand nombre, en particulier aux professionnels, de découvrir, partager et s’informer sur les applications des TIC.

Le gouvernement a été prié d’instaurer des formations d’initiation aux technologies de l’information pour l’ensemble des élèves gabonais, à partir du primaire, dès la prochaine rentrée académique. L’organigramme du ministère de la Communication s’est déjà enrichi d’une direction générale chargée de la promotion des TIC, et la création d’une agence nationale dédiée est annoncée.

Sentant le vent souffler favorablement sur le secteur, des investisseurs prospectent. En janvier, le chef de l’État a reçu des entrepreneurs sud-coréens du Groupe Samsung venus en particulier explorer des possibilités d’investir dans les domaines des télécommunications et de l’informatique. Des ingénieurs américains travaillent déjà sur les projets de mise en réseau de l’administration.

Du très haut débit dès 2010

Pour commencer, le gouvernement et les principaux centres nerveux du pouvoir seront tout prochainement équipés de BlackBerry. Le smartphone canadien, qui permet d’envoyer et de recevoir des courriers électroniques en temps réel, est censé améliorer la connectivité et l’interactivité de l’équipe gouvernementale.

Le ministère de la Communication va lancer, dès cette année, les travaux d’implantation du réseau de fibre optique. Un vaste chantier, qui permettra au pays de disposer d’une « large bande » par laquelle pourront transiter aussi bien les données informatiques que le téléphone et la télévision. « La fibre va connecter tout le territoire à l’internet à très haut débit », s’enthousiasme un cadre du ministère. Il est question de raccorder les principales villes au réseau à partir du Mayumba (sud-ouest du pays), point de connexion au câble sous-marin.

Les autorités espèrent que cet équipement aura un réel impact dans le domaine de l’éducation. Il ouvre également des perspectives nouvelles sur le plan des techniques médicales de pointe et, plus largement, permettra de développer une vraie économie de services dans un pays trop dépendant du pétrole. Selon les projets du chef de l’État, la diversification de l’économie passe aussi, et inévitablement, par là.

L’audiovisuel autrement

Dans tous les secteurs des services, l’émulation est à son comble. Côté télécoms, les appels d’offres pour l’attribution d’une licence de téléphonie mobile de troisième génération, accessible au signal audiovisuel, seront lancés avant la fin du premier trimestre. Bien qu’atteignant déjà un taux de pénétration de 90 % pour 1,3 million d’abonnés, selon l’Agence de régulation et des télécommunications (Artel), le marché gabonais du mobile continuera de se développer grâce à ces nouveaux services et applications et restera attractif pour les investisseurs.

Encore faut-il trouver des personnes formées pour répondre aux besoins du marché. Le gouvernement a donc prévu de créer un institut de formation spécialisé dans les techniques de l’information et de la communication, où l’on enseignerait également les métiers de l’audiovisuel. Rien d’étonnant quand on connaît le goût des dirigeants gabonais – et de leurs concitoyens – pour les médias électroniques.

Dans ce cadre, il est aussi question de réhabiliter et de numériser le réseau public d’émetteurs de radio et télévision, dont le centre émetteur de Moyabi, à 600 km au sud de Libreville.

Le coup de jeune devrait aussi concerner les centres de production, dont celui de la Radio-télévision gabonaise (RTG), à restructurer. Selon la ministre de la Communication, Laure Olga Gondjout, des études seront lancées en vue de la construction d’une tour destinée à la diffusion radio et TV. Selon la ministre, le secteur audiovisuel gabonais devrait également s’agrandir avec la création d’un groupe panafricain de presse, dont une chaîne d’information en continu à vocation internationale.

Ces projets interviennent alors que le Gabon va se retrouver sous les feux des projecteurs en 2012, en tant que co-organisateur, avec la Guinée équatoriale, de la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football.

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