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Cet article est issu du dossier «Gabon : changement d'ère»

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Cinéma

Serge Abessolo, le maître de cérémonie

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Ancien imitateur du père, il s’est mis au service du fils. Ou comment « le mec idéal » est devenu expert en protocole.

Nommé en novembre dernier directeur des cérémonies au sein de la direction générale du protocole d’État par Ali Bongo Ondimba, l’humoriste-comédien-producteur Serge Abessolo, qui fut l’un des acteurs de la campagne électorale du nouveau président, officie désormais au Palais du bord de mer. « Depuis, on ne le voit plus beaucoup », se plaint son ami, le journaliste François Ndjimbi. Abessolo le reconnaît, il n’arrête plus de voyager pour préparer les déplacements du chef de l’État. Mais il se défend d’avoir pris la grosse tête. Sa plus grande fierté, c’est sa fille, Hélène, née en mars 2009. Et aujourd’hui, s’il met sa carrière artistique entre parenthèses, Abessolo n’exclut pas de « solliciter une permission » si un rôle intéressant se présente.

Sa promotion ne doit rien au hasard. « Avant cela, j’avais déjà participé à la campagne pour la réélection de feu le président Omar Bongo », explique-t-il. Ses talents d’organisateur d’événements, de chansonnier et d’animateur caustique lui ont également ouvert des portes au Congo, où il a battu campagne pour le candidat Denis Sassou Nguesso, réélu le 12 juillet 2009. Intégré, quasi dans la foulée, au sein de l’équipe de campagne du Parti démocratique gabonais par Pascaline Bongo, il est tout de suite adopté par l’entourage d’Ali et par le candidat lui-même, qui a aimé ses prestations de « master of ceremony ».

Curieux destin que celui de ce jeune homme originaire de Bitam en pays fang du Nord, qui fêtera ses 40 ans le 8 mars prochain et a viré à l’humour un soir des années 1990, après avoir regardé un spectacle du Camerounais Essindi Mindja. « C’était la première fois que je voyais un humoriste réussir à faire rire sans faire le clown. » Débutant, il constate vite les dangers de l’exercice dans un pays qui expérimente le retour au multipartisme. Ses vannes ne font pas rire tout le monde. Un ministre, avocat dans le civil, menace de l’attaquer en justice après un sketch au cours duquel il avait osé imiter Omar Bongo Ondimba. Rien ne le détourne pour autant de sa passion pour la comédie.

Entre comédie et événementiel

En 1999, il incarne son premier rôle au cinéma, un agent de police, dans le long-métrage Oréga, du Gabonais Marcel Sandja, et enchaîne en 2000 avec un rôle d’animateur télé dans Dolé, d’Imunga Ivanga. « Depuis, on n’a plus arrêté de voir ma tête partout », plaisante-t-il. Il se fait particulièrement remarquer, en 2001, dans Les Couilles de l’éléphant, de Henri-Joseph Koumba (primé sur le continent et en Europe pour son humour cynique sur la politique). On le retrouve à la télévision (notamment dans la série ivoirienne Ma famille). Dernier tournage, en mai 2009, avec le rôle principal dans Le Mec idéal, de l’Ivoirien Owell Brown (en cours de montage). Entre comédie et événementiel, Abessolo s’occupe aussi de sa société de production musicale, qui compte dans son écurie le chanteur martiniquais Jacky Rapon, dont le dernier album sort en mars.

L’homme-orchestre se rappelle que, pour ses parents, « travailler comme fonctionnaire était bien plus valorisant ». Est-ce la raison qui le pousse à intégrer l’École de préparation aux carrières administratives (EPCA) de Libreville ? Diplômé en 2007, il entre au cabinet du ministre des PME en 2008. Dans cette nouvelle vie de fonctionnaire, il a aimé être « le diplomate accompagnateur » de Jacques Chirac lors des obsèques d’Omar Bongo Ondimba, en juin dernier.

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