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Eau : l’indispensable recours aux fonds privés

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Déjà la pénurie

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Mis à jour le 22 mars 2010 à 12:07

La raréfaction de l’eau sera au centre des débats de la prochaine réunion de l’Union pour la Méditerranée, qui se tiendra à Barcelone le 13 avril.

Exsangue, la ville de Barcelone a dû importer de l’eau par bateau durant l’été 2008, illustrant de manière flagrante la raréfaction de cet élément vital. Hasard du calendrier, le 13 avril, la ville espagnole accueillera la conférence sur l’eau de l’Union pour la Méditerranée (UPM). La rive sud de la Grande Bleue est l’un des endroits de la planète où les ressources hydriques viennent à manquer le plus. Avec moins de 500 m3 disponibles par an et par habitant, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie se trouvent sous le seuil de « pénurie absolue » défini par les Nations unies – un Américain en consomme 1 700 m3, tous usages confondus. Et le réchauffement climatique, couplé à la croissance démographique, vient aggraver la situation : le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec) prévoit d’ici à la fin du siècle une hausse des températures entre 2,2 °C et 5 °C et une baisse de la pluviométrie de 25 %.

Rationaliser et recycler

Au Maghreb, l’eau est extraite de nappes de plus en plus profondes qui ne se rechargent pas, certaines datant de l’époque où le Sahara était humide. Devant ce qui semble une impasse, certains pays comme l’Algérie cherchent des options plus durables. Grands barrages, usines de dessalement d’eau de mer… il y a finalement peu de solutions, et elles coûtent très cher. Les États se tournent alors vers les économies d’eau, à travers le retraitement et la chasse aux gabegies. Le secteur agricole, par exemple, avale environ 80 % de l’eau au Maghreb, mais en perd la moitié par évaporation dans les barrages et canalisations à ciel ouvert, ou à cause de techniques d’irrigation peu performantes. Le Maroc, l’Algérie et la Tunisie proposent des subventions aux agriculteurs pour investir dans du matériel et des aménagements plus performants, et ainsi alléger leur facture d’eau. Le choix des cultures est également reconsidéré : la culture intensive de la tomate dans le Sud marocain, destinée au marché européen et censée concurrencer la production espagnole, devient un non-sens écologique, alors que certaines espèces de céréales demandent moins d’eau. Enfin, l’essor touristique pose également problème. Les 5 millions de visiteurs chaque année en Tunisie consomment chacun 560 litres d’eau par jour. Le remplissage des piscines, l’arrosage des golfs (3 500 m3 par jour, soit la consommation de 12 000 habitants) et des jardins gaspillent les ressources : le recyclage des eaux usées permettrait à lui seul une économie de 60 %.