Société

Ces nouveaux milliardaires venus du Sud

| Par Jeune Afrique
Les nouveaux nababs.

Les nouveaux nababs. © Glez

Le magazine américain Forbes publie son classement annuel des milliardaires. En 2010, les Latino-Américains, les Asiatiques et les Africains entrent en force dans ce club aussi sélect que convoité.

Ils sont plus de 1 000 milliardaires en dollars, 1 011 exactement, selon le magazine américain Forbes, qui a publié, le 10 mars, son nouveau classement annuel. Pour évaluer la fortune de ces élus de la chance, les enquêteurs calculent le montant de leur patrimoine privé net, qui comprend portefeuilles d’actions (valorisés au 12 février 2010), biens immobiliers et autres valeurs (tableaux, jets, yachts, bijoux…), le tout évidemment après déduction des dettes.

Le champion de l’année 2010 est Carlos Slim Helú, le magnat mexicain des télécoms, des médias, de la finance, du bâtiment (entre autres). À 70 ans, il se retrouve à la tête de 53,5 milliards de dollars. Un sacré parcours, lorsque l’on songe que son père a fui le Liban en 1902 pour ne pas être enrôlé dans l’armée ottomane, ouvrant une modeste épicerie au Mexique. Et ce n’est pas la crise économique mondiale qui a entamé ce joli capital, bien au contraire, puisqu’il a crû de 18,5 milliards en 2009. Soit un gain net de 2 millions de dollars par heure (plus de 1 milliard de F CFA) !

Slim coiffe au poteau l’Américain Bill Gates, dont la fortune atteint quand même 53 milliards de dollars, mais qui n’a amassé « que » 13 milliards de plus en 2009. Le célébrissime cofondateur de Microsoft est talonné par son compatriote Warren Buffett (47 milliards), lui-même suivi par l’Indien Mukesh Ambani (29 milliards), l’homme le plus riche issu d’un pays émergent.

Jardin d’éden

Originaire de Bombay, Ambani, 52 ans, a su faire fructifier son héritage et se diversifier dans la pétrochimie. Il est surtout le symbole de ces nouveaux venus du Sud dans le jardin d’Éden des nababs. Son compatriote Lakshmi Mittal, magnat de l’acier (5e avec 28,7 milliards), lui emboîte le pas. L’Européen le plus riche, le Français Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH se situe au 7e rang, avec 27,5 milliards ; l’Arabe le plus célèbre, le prince saoudien Al-Walid Bin Talal, au 19e, avec 19,4 milliards.

La grande nouveauté de ce palmarès 2010 est sans conteste l’irruption sur le devant de la scène mondiale de milliardaires venus des pays émergents : ils sont pas moins de 62, sur les 97 nouveaux membres que compte ce club aussi sélect que convoité. Les États-Unis, qui restent la première puissance économique mondiale, voient leur part s’effriter : ils ne comptent plus que 40 % des Crésus de la planète (contre 45 % en 2009), soit 38 % de la fortune globale (contre 44 % il y a un an). Les pays émergents d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine pèsent désormais plus lourd que l’Europe occidentale (284 milliardaires, contre 171).

Si l’on raisonne par pays, la Chine (Hong Kong compris) abrite 89 milliardaires, suivie par la Russie (62). L’Inde fait mieux que le Royaume-Uni (49 contre 29), la Turquie que le Canada (28 contre 24) et le Brésil que l’Italie (18 contre 13).

Sur le continent africain, on compte 8 heureux élus, soit un de moins que dans la petite Malaisie. À eux huit, ils possèdent une fortune estimée à 25 milliards de dollars, dont 50 % reviennent aux quatre membres de la famille égyptienne Sawiris, 40 % à trois Sud-Africains (Nicky Oppenheimer, Johann Rupert et Patrice Motsepe) et 10 % au Nigérian Aliko Dangote. Son compatriote Femi Otedola est sorti du classement après avoir perdu une grande partie de son patrimoine. Il fait partie des trente magnats déchus en 2009, avec Raj Rajaratnam, un Américain d’origine sri-lankaise, patron du fonds d’investissement Galleon, arrêté en octobre dernier pour escroquerie.

Bombay dépasse Dallas

Un parcours bien éloigné de celui des self-made-men, qui ont bâti leur empire à partir de zéro. Comme Li Shufu, 47 ans. Fils d’un paysan chinois, il reçoit un appareil photo en guise de cadeau de fin d’études, ouvre un labo photo, se lance dans le commerce des réfrigérateurs, rachète une entreprise publique en faillite, qui assemble des cyclomoteurs. Puis crée, en 1997, une usine automobile, Geely (« chance » en chinois). Dix ans plus tard, il est devenu le premier constructeur automobile privé en Chine et s’implante à l’étranger. Sa fortune devrait dépasser les 2 milliards de dollars en 2010.

Son itinéraire ressemble à celui de Shahid Balwa, un Indien de 36 ans qui, à partir de son restaurant de Bombay, s’est constitué un empire hôtelier et immobilier évalué à 1 milliard de dollars. Connu pour sa misère et ses bidonvilles, Bombay compte aujourd’hui 20 milliardaires résidents, et dépasse la texane Dallas (17) ou Tokyo (14). Les nouveaux nababs sont désormais plus nombreux à Istanbul (28) qu’à Los Angeles (27), et à Moscou (50) qu’à Londres (32). Dans ces villes émergentes, qui connaissent une croissance économique exponentielle, le nombre des milliardaires croît deux fois plus vite qu’ailleurs. Et il est quasi certain que New York (60), siège du magazine Forbes, perdra bientôt sa place de premier « fabricant » de grosses fortunes mondiales.

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