Justice

L’honneur retrouvé de Tiébilé Dramé

L'ancien ministre des Affaires étrangères est désormais lavé de tout soupçon. © Vincent Fournier/JA

La procédure engagée contre l'ancien ministre des Affaires étrangères a été classée sans suite.

Il aura fallu trois ans et demi pour que la justice malienne lève enfin les soupçons qui pesaient sur Tiébilé Dramé, fondateur du Parti pour la renaissance nationale (Parena). La décision de justice notifiée le 11 mars par Sombé Théra, le procureur du tribunal de la commune III de Bamako, est sans appel. « Mon parquet a procédé au classement sans suite de la procédure d’enquête de la brigade économique financière de Bamako […] relative à la gestion des fonds mis à la disposition du Comité d’organisation du 23e Sommet Afrique-France », peut-on lire dans ce document, dont Jeune Afrique a obtenu la copie (fac-similé, ci-dessous).

Disparitions de matelas

Tiébilé Dramé, ancien leader estudiantin embastillé sous Moussa Traoré et ministre des Affaires étrangères du gouvernement de transition (1991-1992), est nommé en 2004 président du Comité d’organisation du sommet bisannuel Afrique-France, qui doit avoir lieu pour la première fois dans la capitale malienne, les 3 et 4 décembre 2005. Une soixantaine de délégations sont attendues. Et l’événement, bâti autour du thème de la « jeunesse africaine », est un succès.

Le budget de l’organisation – environ 9 milliards de F CFA (13,7 millions d’euros), dont 1,6 milliard déboursé par la France – fait par la suite l’objet d’un audit du contrôleur général des services publics. À la mi-mars 2006, celui-ci élabore un rapport selon lequel rien ne pose problème. Tout se complique quand Tiébilé Dramé est convoqué par la brigade financière, qui lui reproche des malversations. Les gendarmes sont alors en possession d’un second rapport, émis quelques jours après le premier.

Il met en cause des disparitions de matériel : des matelas, des draps, quelques ordinateurs… Explication : les quelque quatre cents chauffeurs et autres personnels mis au service des délégations étrangères ont été placés en internat pour des raisons de sécurité et de ponctualité. À la fin du sommet, certains sont repartis en emportant des affaires qui ne leur appartenaient pas.

Les enquêteurs reprochaient aussi à Tiébilé Dramé d’avoir excédé son budget de plus de 500 millions de F CFA. Un dépassement, finalement justifié, qui ne constitue pas une infraction au regard de la loi malienne, ni « une atteinte aux biens publics, en raison de l’absence d’intention coupable », a conclu le procureur. 

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