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RD Congo : Deogratias Mutombo, made in BCC

À 48 ans, il devient le treizième gouverneur de la BCC. © Junior D. Kannah/JA

C'est un pur produit de la Banque centrale du Congo qui a été choisi pour prendre la suite de Jean-Claude Masangu à la tête de l'institution. Portrait d'un homme discret.

Il n’y aura pas une 17e année pour Jean-Claude Masangu Mulongo à la tête de la Banque centrale du Congo (BCC, à Kinshasa). Le gouverneur, installé en 1997 par feu Laurent-Désiré Kabila, a été remplacé le 14 mai par Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, un haut cadre de la BCC. « C’est Masangu lui-même qui lui a fait gravir les échelons au sein de l’institution », confie un ancien proche du président Joseph Kabila.

Comme son mentor – et comme le chef de l’État -, Deogratias Mutombo est originaire du Katanga. « Un élément qui a pu être déterminant dans le choix, quand on sait combien de candidats, aussi compétents les uns que les autres, se bousculaient au portillon », soutient une source. Le nouveau patron de la BCC n’est pourtant affilié à aucun parti. C’est un homme discret que peu de personnes connaissent dans la sphère politique congolaise.

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Héritier

À 48 ans, ce natif de Kongolo, au bord de la rivière Lualaba, est un « enfant de la banque ». À peine diplômé en sciences économiques à l’université de Kinshasa en 1991, il est engagé à la BCC comme chef de bureau à la direction de change. En 2008, il est promu directeur, avant de devenir responsable des opérations bancaires et des marchés à partir de 2010, poste qu’il a occupé jusqu’à sa nouvelle nomination. Héritier d’une politique monétaire qui semble désormais garantir la stabilité du franc congolais (au premier trimestre 2013, le compte général de l’État a affiché un excédent de 16,3 milliards de francs congolais, soit 13,5 millions d’euros, avec un taux d’inflation établi à 2,7 %), Deogratias Mutombo devra s’inscrire dans le prolongement de la dynamique enclenchée par son prédécesseur. Mais plusieurs défis restent à relever.

D’entrée de jeu, il devra accélérer l’opération de bancarisation de la paie des fonctionnaires et poursuivre le processus de la « dédollarisation » de l’économie congolaise. L’autre grand chantier qui l’attend est la modernisation de la BCC, un programme financé notamment par la Banque mondiale et la coopération allemande à travers la banque KFW. Une étape de taille a été franchie, fin avril, avec l’acquisition du logiciel Isys-Ceri, destiné à améliorer la centrale des risques. Autant de projets que le treizième gouverneur de l’institut d’émission de la RD Congo se doit de mener à bon port.

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