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Tunisie : Une nouvelle jeunesse

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Culture

Le drôle de « mektoub » de Dhafer el-Abidine

Mis à jour le 9 avril 2010 à 11:38

Les Tunisiennes ont relégué Brad Pitt aux oubliettes. Elles craquent toutes pour un beau ténébreux de 35 ans, hissé au rang jusqu’alors inédit de sex-symbol national. Malgré – ou grâce à – un rôle de héros immoral dans le feuilleton à succès Mektoub, réalisé par Sami Fehri et diffusé chaque soir en prime time sur Tunisie 7 pendant le mois de ramadan 2008 et celui de 2009, Dhafer el-Abidine est devenu l’idole des jeunes femmes. Une première en Tunisie, où les vedettes locales font généralement leurs emplettes sans déchaîner les foules. Sa page Facebook affiche près de 40 000 fans et créent un buzz national peu anodin. Sélima, une groupie, affirme avec la fougue de la jeunesse : « Je tuerais père et mère pour dîner avec lui ! »

Dhafer el-Abidine aurait pu, par passion, être une star du football. Mais sa brève carrière dans la discipline a tourné court. En parallèle à des études d’informatique, il a été mannequin à l’agence Metropolitan, à Paris. Alors qu’il est assistant du réalisateur Moncef Dhouib, le hasard des rencontres lui ouvre les portes du Royaume-Uni, où il intègre la Birmingham School of Speech and Drama. Sa carrière est lancée.

Depuis 2002, il a joué dans plusieurs séries britanniques telles que Spooks, The Whistleblowers, Wallander, Centurion. Sa carrière cinématographique compte, entre autres, le film italo-britannique The Stone Merchant, de Renzo Martinelli (2006), avec Harvey Keitel, The Mark of Cain, du Britannique Marc Munden (2007), tourné à Gafsa. Sans compter un rôle, coupé au montage, dans le fameux Da Vinci Code. Il est aussi l’unique personnage masculin des Secrets (Dawaha) de la réalisatrice tunisienne Raja Amari, sorti en décembre dernier. Désormais, les jeunes tunisiennes retiennent leur souffle en attendant de le découvrir dans le rôle du séducteur de Sarah Jessica Parker dans Sex and the City 2, la saga new-yorkaise, qui sera sur les écrans en juin.

En Tunisie, Dhafer el-Abidine est devenu un tel phénomène de société que des marques en ont fait leur égérie (notamment le soda Boga Cidre). S’il fait tourner la tête et provoque des tachycardies chez les jeunes filles, Dhafer el-Abidine n’est plus un cœur à prendre. Installé depuis dix ans à Londres, il s’est marié en 2008 à une actrice britannique et n’étale pas sa vie privée. Il déclare simplement, avec un magnifique sourire, être heureux. Juste ce qu’il faut pour toutes les faire fondre.