Société
Tunisie : Une nouvelle jeunesse

Cet article est issu du dossier

Tunisie : Une nouvelle jeunesse

Voir tout le sommaire
Culture

Une autre conception de la détente

Les jeunes Tunisiens seraient-ils devenus casaniers ? Pas si sûr. Quand ils sont rivés à leur clavier d’ordinateur, ils pistent les meilleurs plans pour se divertir.

Mis à jour le 9 avril 2010 à 09:36

Une « soirée D.J. » au parc Djerba-Explore. © Nicolas Fauqué / www.imagesdetunisie.com

Depuis qu’elle est revenue s’installer en Tunisie après six ans d’études de commerce en France, Sonia s’ennuie ferme et le dit : « Les films arrivent avec des mois de retard. Dans les galeries, on rencontre toujours les mêmes personnes, qui ne sont là que pour les mondanités… » Même si 80 % des programmes de développement de l’État sont orientés vers les jeunes, en particulier pour l’éducation et les loisirs, moins de 2 % des 15-29 ans disent fréquenter les maisons de la culture. Les cinémas se font rares : Tunis ne compte plus que 12 salles (contre 62 en 1960), Sousse et Sfax une seule chacune. Il faut dire que, pour voir le dernier film américain ou écouter un nouvel album, les jeunes ont plutôt tendance à privilégier la myriade de magasins où l’on vend des CD et DVD piratés. Et puis il y a la télévision, devant laquelle certains passeraient jusqu’à cinq heures par jour…

À première vue, l’offre de loisirs peut paraître mal adaptée aux attentes de la jeunesse. Pourtant, il suffit de savoir s’informer sur les lieux de création, qui proposent spectacles et expositions, et de guetter les festivals. « Quand on cherche, on trouve », martèle Nabil, étudiant en médecine. Ses amis et lui se tiennent au courant de tous les événements sur Facebook. Exposition privée dans un appartement, pièce de théâtre encore confidentielle, projection de court-métrage… Si l’offre culturelle souffre d’un manque de médiatisation, rien n’échappe aux internautes. Les jeunes sont aussi friands de festivals. Pendant le ramadan, ils sont fidèles à celui de la Médina et sont chaque été plus nombreux à participer au Festival international de Carthage (théâtre). « Pour nous, les loisirs riment surtout avec sociabilité, ajoute Nabil. Chacun selon ses moyens. Certains vont au restaurant et en boîte tous les week-ends. Ils voyagent. Les autres se contentent d’aller au café, de jouer aux cartes et de se faire un ciné de temps en temps. »

Bientôt la Cité de la Culture

Les jeunes Tunisois seront bientôt gâtés. Sur l’avenue Mohammed-V, en plein centre de la capitale, on ne peut pas manquer l’imposante Cité de la culture, dont la construction a pris du retard et qui devrait être inaugurée fin 2010-début 2011. Le projet, annoncé dès 1992 par le président Ben Ali, est entré en chantier dix ans plus tard, sur une superficie de 8 hectares, et pour un budget de 120 millions de dinars (63 millions d’euros). Il comprend des studios de production, des salles d’archivage, un auditorium, un opéra et une salle de théâtre, ainsi qu’un musée d’art contemporain… et un centre commercial.

501px;" />