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Cet article est issu du dossier «Sénégal, la leçon de Dakar»

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Culture

L’autre « Quartier latin » de l’Afrique

| Par Jeune Afrique

Au lendemain des indépendances, le Sénégal a supplanté le Bénin, longtemps considéré comme étant le Quartier latin de l’Afrique. Cette évolution n’avait rien de fortuit. Léopold Sédar Senghor, premier Noir agrégé de grammaire, poète de renommée mondiale, théoricien de la négritude, auteur de nombreux ouvrages… a réussi à faire de Dakar la capitale africaine de la culture. Colloques, clubs de réflexion, foires, expositions…, les intellectuels et artistes venaient en nombre. En avril 1966, Dakar a abrité la première édition du Festival mondial des arts nègres.

Le départ de Senghor et le tassement des dépenses dans l’éducation et la culture imposé par les programmes d’ajustement structurel ont fait reculer un pays que beaucoup d’intellectuels visitaient pour avoir le plaisir de rencontrer le savant et écrivain Cheikh Anta Diop, et d’autres éminentes plumes comme Cheikh Hamidou Kane, auteur du best-seller L’Aventure ambiguë.

Si le Sénégal n’est plus la référence incontestée – comme en témoigne l’état de dégradation de l’université de Dakar, qui accueillait naguère des étudiants de tous pays –, il se maintient toutefois vaille que vaille. Les chercheurs sénégalais obtiennent de bons résultats aux concours du Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (Cames). Les professeurs sont recrutés par les universités américaines (Souleymane Bachir Diagne, Mamadou Diouf…). Et les écrivains de la nouvelle génération sont, à l’image de Boubacar Boris Diop, reconnus.

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