Elections

Sur un air de campagne

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Ibrahima Fofana (ici avec la présidente du CNT, Rabiatou Serah Diallo) pourrait être candidat.

Ibrahima Fofana (ici avec la présidente du CNT, Rabiatou Serah Diallo) pourrait être candidat. © Georges Gobet/AFP

Dans une joyeuse zizanie, les candidats à la présidentielle sont déjà en campagne, même si les règles du jeu électoral n’ont pas encore été établies.

Le 21 mars, plus de 300 motards arborant des tee-shirts à l’effigie de Cellou Dalein Diallo, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée, ont sillonné Conakry. La « parade motorisée » est la dernière trouvaille des sympathisants de l’ancien Premier ministre. À l’approche de la première élection présidentielle potentiellement « libre et transparente », l’euphorie s’est emparée des militants de tous les camps. Le Conseil national de transition (CNT) n’a pas encore défini les règles du jeu, mais à deux mois du lancement officiel de la campagne électorale, prévu le 27 mai, affiches et banderoles sont déjà dans les rues, et les rencontres politiques se multiplient dans les quartiers. Les « anciens » comme Cellou Diallo, Alpha Condé, Sidya Touré, Lansana Kouyaté, ainsi que les nouveaux venus se sont lancés. La Guinée ne compte pas moins de 116 partis, créés pour la plupart par d’illustres inconnus. Le pays, depuis que le président par intérim, le général Sékouba Konaté, a annoncé la tenue du scrutin le 27 juin, ne vit plus que pour ces élections.

Partis contre syndicats

Les listes électorales provisoires (4,2 millions d’électeurs) sont affichées. Le recensement des Guinéens de l’étranger est en cours. L’Union européenne a débloqué 15,5 millions d’euros pour l’organisation du scrutin. La télévision publique a lancé des émissions consacrées à la vie politique, le gouvernement discute avec l’opposition. Autant de raisons d’être optimiste. Néanmoins, il subsiste au sein de la classe politique des interrogations sur les intentions du Premier ministre, Jean-Marie Doré, soupçonné de vouloir se présenter bien qu’il soit membre des autorités de transition. D’autre part, syndicats et partis politiques s’affrontent sur le principe des candidatures indépendantes. Les premiers bénéficient d’une certaine légitimité depuis les manifestations populaires de janvier et février 2007, et comptent en profiter pour engager dans la course à la présidence un des leurs, Ibrahima Fofana, secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée, proche de Rabiatou Serah Diallo, désormais à la tête du CNT.

La classe politique ne voit pas d’un très bon œil les indépendants. « Nous avons trimé pendant des années pour installer nos partis et gagner la sympathie des populations. Pourquoi laisserions­-nous des gens sortis de nulle part s’incruster ? Les syndicats [qui n’ont pas participé à la manifestation du 28 septembre, NDLR] ne nous ont pas soutenus contre Dadis [ancien chef de la junte, NDLR] », commente un membre des Forces vives. Les formations politiques comptent 29 représentants sur les 155 membres du CNT, l’organe qui tranchera ce différend, syndicats et société civile en ont 25. Les autres membres sont issus de l’armée, de la magistrature, du patronat ou des médias. En avril, l’organe de transition planchera aussi sur le mandat présidentiel. Il devrait passer de sept à cinq ans et n’être renouvelable qu’une fois. Sur cela au moins, tout le monde est ­d’accord.

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