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Cet article est issu du dossier «Que reste-t-il de Bourguiba ?»

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Politique

Hédi, Rachid et les autres

De g. à d. et de h. en b. : Abdelaziz Ben Dhia, Hédi Baccouche, Rachid Sfar et Fouad Mebazaa. © Mohamed Hammi

Certains ont poursuivi leur carrière politique après sa destitution, d’autres non. Que sont devenus les hommes du président ?

Ils ne sont plus très nombreux. Seule une poignée d’entre eux sont encore dans les sphères du pouvoir. Certains nous ont quittés, d’autres en ont été écartés pour des raisons politiques ou ont pris leurs distances de leur propre chef.

En tête des vétérans ayant servi sous Bourguiba – il fut cinq fois ministre et directeur du parti – et qui compte aujourd’hui parmi les « hommes de Ben Ali », Abdelaziz Ben Dhia (73 ans), ministre d’État, conseiller spécial auprès du président et porte-parole officiel de la présidence, ce qui en fait le numéro deux du gouvernement.

Autre habitué du palais de Carthage sous Bourguiba, Abdelwahab Abdallah (70 ans), promu ministre de l’Information en septembre 1987, a été reconduit après le « Changement », avant d’occuper le poste d’ambassadeur à Londres, puis de revenir au palais présidentiel, où il a été chargé des relations avec les médias. Ministre des Affaires étrangères pendant cinq ans (2005-2010), il a été rappelé à la présidence en tant que ministre conseiller en charge des Affaires politiques.

Quatre fois ministre sous Bourguiba, Fouad Mebazaa (76 ans) est président de la Chambre des députés depuis 1997. Hédi Baccouche (80 ans), ancien militant du parti, gouverneur de région et ambassadeur, n’a pas la réputation d’avoir été un homme de Bourguiba. Lors de la destitution de celui-ci dans la nuit du 6 au 7 novembre 1987, il fait partie du premier cercle de Ben Ali, dont il deviendra le Premier ministre dès le lendemain, jusqu’à septembre 1989. Il est actuellement membre de la Chambre des conseillers (Sénat). Hamed Karoui (82 ans) a été ministre de la Jeunesse et des Sports sous Bourguiba (1986-1987), mais ce n’est qu’avec Ben Ali qu’il a acquis un poids politique, d’abord à la tête du parti au pouvoir, puis comme Premier ministre (1989-1999). Il a par la suite occupé le poste de premier vice-président du parti avant de partir à la retraite, en 2009.

D’autres anciens de l’ère Bourguiba se sont ralliés à Ben Ali, qui les a maintenus à des postes le plus souvent honorifiques. Rachid Sfar (76 ans), fils de Tahar Sfar, l’une des figures de l’indépendance, a été ministre à plusieurs reprises, puis Premier ministre de 1986 à 1987. Il a servi sous Ben Ali à différents postes de responsabilité avant de partir à la retraite, en 1997. Sfar est membre de la Chambre des conseillers. C’est aussi le cas de Chedli Klibi (84 ans), ancien ministre, qui a dirigé le cabinet de Bourguiba, de Sadok Ben Jemaa, ex-ministre des Transports et de l’Équipement, et de Chedli Ayari, ex-ministre du Plan.

La plupart des autres « hommes de Bourguiba » sont à la retraite et sans fonction officielle. Habib Boularès (76 ans), journaliste de renom, ancien ministre de l’Information et de la Culture (1970-1971), puis dissident (groupe des libéraux), a dirigé de nouveau, sous Ben Ali, la Culture et l’Information, avant d’hériter des Affaires étrangères, de la présidence de la Chambre des députés, puis du secrétariat général de l’Union du Maghreb arabe (2002-2006). Ahmed Ben Salah, 84 ans, homme fort du régime bourguibien jusqu’à sa mise à l’écart, en 1969, a pu rentrer d’exil en 2000. Il a publié ses Mémoires, dans lesquelles il défend sa politique collectiviste d’antan. Tahar Belkhodja (78 ans), ancien ministre de l’Intérieur, et Béji Caïd Essebsi (83 ans), ancien ministre des Affaires étrangères, ont également publié leur témoignage sur le règne de Bourguiba. Mohamed Mzali (84 ans), ex-Premier ministre (1980-1986), s’était enfui à l’étranger après son limogeage pour ne revenir qu’en 2002 et reprendre ses attaques contre Bourguiba. Mohamed Sayah (76 ans), biographe attitré du Combattant suprême et sept fois ministre, n’a pas repris la publication inachevée de sa série de livres sur l’histoire du bourguibisme. Ahmed Mestiri (84 ans), ancien ministre, dissident puis opposant (cofondateur du Mouvement des démocrates socialistes, MDS), a fini par abandonner la politique, en 1989. Mohamed Masmoudi (84 ans), ancien ministre des Affaires étrangères avant sa brouille avec Bourguiba (1974), réside actuellement dans les Émirats arabes unis. Il passe des vacances paisibles en Tunisie depuis qu’il s’est rallié à Ben Ali. Première femme ministre de Bourguiba en 1983, Fathia Mzali a quitté la politique depuis le limogeage de son mari, en 1986.

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