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Cet article est issu du dossier «Maroc : la démarche verte»

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Environnement

Tourisme : l’aventure, c’est la nature

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Lassarga, près de Dakhla (Sud), une zone de pêche et de détente préservée.

Lassarga, près de Dakhla (Sud), une zone de pêche et de détente préservée. © Pierre Mermée

Dans un pays qui accueille plus de 8 millions de visiteurs par an et dont le patrimoine naturel demeure fragile, l’écotourisme doit devenir un impératif.

L’Atlas, ses neiges éternelles et ses vallées fleuries, le Sahara et son immense étendue désertique, 3 400 km de côtes sur l’Atlantique et la Méditerranée : le Maroc possède un environnement naturel exceptionnel, extrêmement diversifié, mais tout aussi fragile. Depuis dix ans, le pays – qui a attiré 8,34 millions de visiteurs en 2009 – a lancé un plan de développement du tourisme, le plan Azur, et a multiplié les constructions d’infrastructures d’accueil et de transport, exerçant une forte pression sur l’environnement.

C’est pourquoi le ministère du Tourisme a créé, en 2006, un comité pour le tourisme responsable, chargé d’apporter une touche qualitative aux projets du plan Azur. Le comité a notamment recommandé que chaque projet soit tenu d’inclure dans son cahier des charges une étude d’impact écologique. Par ailleurs, les autorités, qui, depuis plusieurs années, s’intéressent au secteur de l’écotourisme et du tourisme durable, ont, en 2003, commandé au Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) une étude sur le sujet. Celle-ci a confirmé qu’il existe une très forte demande pour le secteur, tout en pointant le manque criant d’offre en ce sens, ainsi que des problèmes de coordination du côté des autorités.

Celles-ci envisagent la mise en place d’un label d’écotourisme. « S’il n’existe pas encore, c’est parce que la plupart des projets sont isolés et que tout le monde n’est pas arrivé au même degré de maturité », explique Salma Chekkouri, directrice qualité au ministère. Signe que l’État soutient ces initiatives, des trophées du tourisme responsable ont été créés et récompensent, depuis 2008, des projets respectueux de leur environnement.

Des hôteliers écolos

Jusqu’à présent, les investisseurs privés sont pratiquement les seuls à s’être lancés dans l’aventure, notamment dans le nord du pays, dans le Rif, ou au sud de Marrakech, dans les montagnes de l’Atlas. Là, dans l’Ourika, Jacqueline a ouvert un gîte rural respectueux de son environnement naturel. Matériaux écologiques, respect des traditions architecturales, maîtrise de l’énergie : elle propose aux touristes de vivre dans les mêmes conditions que les autochtones, en participant à l’économie de la région sans la dégrader. L’hôtelière se bat aussi pour que ses montagnes ne soient pas dénaturées par la construction d’une route goudronnée et les projets de stations de ski, à l’étude en ce moment.

Tout à fait au Sud, à Dakhla, c’est le respect de l’environnement qui guide la valorisation touristique. Lagunes, dunes blanches au bord de l’océan, oasis : la région jouit de paysages d’exception, mais qui ne peuvent supporter une grosse pression touristique.

Dans le Nord, l’écotourisme pourrait même devenir une véritable alternative pour des populations qui ont perdu leurs moyens de subsistance, du fait de l’éradication du kif. « Ce sont des régions magnifiques mais difficiles d’accès, où la nature est très fragile, explique Khalid Zerouali, gouverneur au ministère de l’Intérieur. Un tourisme durable et solidaire permettrait aux populations rifaines de faire vivre leur région sans la défigurer. »

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