Politique

La foire aux médias

Mis à jour le 26 avril 2010 à 15:40

Au début des années 2000, l’ouverture de la sphère médiatique marocaine touche surtout la presse écrite. Dans les kiosques de Casablanca ou de Rabat, les Marocains voient se multiplier les titres de toutes sortes : quotidiens, hebdomadaires, magazines féminins, publications sportives ou de décoration… De cette atomisation émergent malgré tout quatre grands groupes relativement diversifiés et animés par une véritable logique industrielle : Eco-Médias, Caractères, Maroc Soir et Al-Massae Média.

En tête, le groupe Eco-Médias (L’Économiste, As-Sabah), avec un chiffre d’affaires de 164 millions de dirhams en 2007, suivi par le groupe Maroc Soir (Le Matin, Assahra al-Maghribia). Filiale à 94 % du holding Akwa, le groupe Caractères est dirigé par l’industriel et ministre de l’Agriculture Aziz Akhannouch (La Vie éco, racheté à Jean-Louis Servan-Schreiber en 1997, Femmes du Maroc et sa version arabe, Nissaa Min al-Maghrib, Maisons du Maroc, Le Courrier de l’Atlas). Dernier-né, le groupe de Rachid Niny, Al-Massae Média (Al-Massae, Nejma, Al-Massae as-Siyassiya, Le Soir Échos).

En 2004, le Parlement adopte la loi sur la libéralisation de l’audiovisuel et, dès 2006, dix premières licences radios sont attribuées. Parmi les stations privées, Hit Radio, de Younès Boumehdi ; Atlantic, du groupe Eco-Médias ; Aswat, portée par le très médiatique Thami El Ghorfi ; et Chada FM, pilotée par le producteur Rachid Hayek.

Dans le domaine de la télévision, la libéralisation va moins vite que prévu, au grand dam de certains hommes d’affaires, dont Othman Benjelloun, qui se voyait déjà à la tête d’Al-Thalitha (La 3). En 2009, la Haute Autorité de la communication audiovisuelle décide de surseoir à l’attribution de nouvelles licences, le marché de la publicité lui paraissant trop étroit pour supporter une concurrence accrue. En attendant, les Marocains ne sont pas à plaindre : outre les deux chaînes historiques, El-Oula et 2M, ils peuvent regarder Medi 1 Sat, née en 2006, et les nombreuses chaînes satellitaires arabophones ou francophones.