Politique

Le Hamas débordé par sa droite

Hamas et Fatah ont organisé une manifestation conjointe à Gaza, pour la première fois depuis leur rupture en 2007. Explication : le Hamas a semblé assouplir son discours ces derniers mois. Mais, dans son fief gazaoui, le mouvement islamiste est désormais débordé par des courants encore plus radicaux.

Mis à jour le 22 avril 2010 à 08:51

Manifestation du Hamas à Gaza, en février 2008. © Reuters

Contre les nouvelles mesures visant les « infiltrés » gazaouis en Cisjordanie, les deux mouvements palestiniens rivaux, le Fatah et le Hamas, ont réussi à s’unir le temps d’une manifestation, mercredi 22 avril, pour la première fois depuis 2007. Les récentes déclarations plutôt mesurées des leaders du Hamas ont pu faciliter ce rapprochement.

Le vice-président du bureau politique du Hamas, Moussa Abou Marzouk, a confirmé, lors d’une conférence de presse, le 13 avril, à Damas, que son parti était favorable au maintien du cessez-le-feu en vigueur avec Israël. Dans le souci de « ne pas fournir à Tel-Aviv de prétexte pour attaquer à nouveau Gaza », le Hamas affirme observer scrupuleusement la trêve depuis la fin de l’opération « Plomb durci », le 18 janvier 2009.

Le Hamas débordé par des mouvements salafistes

En quinze mois, Israël a pourtant été la cible de 200 tirs de roquettes (contre 1 500 en 2008), qui ont fait une victime en mars 2010 : un ouvrier thaïlandais. Mais désormais, ce sont les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa ou le Djihad islamique qui mènent ces attaques.

Jugé trop modéré par une partie de la résistance palestinienne, qui lui reproche sa nouvelle orientation, le Hamas est depuis quelques mois débordé par des petits groupes plus radicaux qui exigent une résistance militaire plus active. Certains sont des mouvements salafistes proches d’Al-Qaïda, comme le Jound Ansar Allah, dont le Hamas a éliminé le chef et 25 militants en août 2009 au cours d’affrontements sans précédent entre factions islamistes palestiniennes.

Ahmed Jabri, chef de l’aile militaire du Hamas, a écrit à Khaled Mechaal, numéro un du bureau politique, pour l’alerter sur « l’anarchie » qui règne à Gaza. De son côté, le Premier ministre du gouvernement Hamas, Ismaïl Haniyeh, a déclaré qu’il s’efforçait de négocier avec les différents groupes « pour garder une ligne unique ». Mais le Djihad islamique lui reproche d’avoir arrêté plusieurs de ses militants pour les empêcher de tirer des roquettes.