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OCP à la conquête de l’Afrique

Mis à jour le 28 avril 2010 à 16:25

Lors d’une étude de marché sur le potentiel commercial de la chaussure dans un pays « X », l’un des deux commerciaux détachés par une entreprise conclut : les habitants ne portent pas de chaussures, il n’y a pas de marché. Le second, enthousiaste, constate : « Le marché potentiel est énorme ! » L’homme fort des phosphates marocains, Mostafa Terrab, PDG d’OCP Group, est-il le second personnage de cette fable marketing ? « Quel secteur est passé de 3 % à quasiment 100 % de pénétration en quelques années ? Le téléphone portable », note-t-il. Son idée est de fournir gratuitement les engrais et de se rembourser sur la récolte. Avec 12 % de parts de marché et les deux plus grandes plates-formes de production dans le monde au Maroc, à Jorf et à Safi, OCP Group est déjà bien positionné sur l’échiquier mondial des engrais. « Nous allons investir dans deux lignes supplémentaires d’engrais et nous ouvrir à des partenariats étrangers, ou poursuivre la coproduction, comme nous le faisons déjà avec des groupes indiens, brésiliens, pakistanais », égrène l’imposant PDG arrivé en 2006 à la tête d’un office public, avant de mener sa privatisation en 2008. « Notre objectif est de créer dix nouvelles unités d’ici dix ans » sur le continent africain. Sur fonds propres, en joint-venture, ou grâce à des investissements directs étrangers en échange d’un contrat de phosphate, le PDG d’OCP ne s’interdit rien pour, dit-il, aider le continent à vivre sa révolution verte.