Politique

UFC : guerre des générations

Mis à jour le 30 avril 2010 à 11:48

Ils ont osé attaquer le mythe ! Alors qu’il se rendait à la plage de Lomé pour assister à la manifestation hebdomadaire d’une coalition d’anciens candidats malheureux à la présidentielle du 4 mars dernier, le leader « historique », Gilchrist Olympio, a été chassé à coups de pierres par les militants de son propre parti. Feutrée au départ, la guerre des clans au sein de l’Union des forces du changement (UFC), premier parti de l’opposition togolaise, a donc pris ce 18 avril une tournure violente.

Arrivé trois jours plus tôt d’Accra, au Ghana, où il réside, Olympio s’est heurté à l’hostilité des militants acquis à la cause de Jean-Pierre Fabre, le candidat désigné par défaut après que lui-même eut été contraint par la maladie de renoncer à se présenter. Entre le candidat désigné et le leader vieillissant, rien ne va plus.

Parcourant le pays, une rumeur persistante prétend que le fils de Sylvanus Olympio aurait secrètement négocié un rapprochement avec le pouvoir. D’aucuns parlent d’une entrée de ses partisans au sein du gouvernement que Faure Gnassingbé, proclamé élu, devrait constituer peu après sa prestation de serment, prévue pour le 26 avril. D’autres prédisent à l’opposant un destin à l’hôtel de ville de Lomé, comme président de la délégation spéciale.

S’estimant trahis, les jeunes militants n’ont pas hésité à s’en prendre à leur ancienne idole. En représailles, les proches d’Olympio, à l’instar de Jean-Claude Homawoo, représentant du parti au sein de la commission électorale, accusent le camp Fabre, constitué du vice-président Patrick Lawson, de l’avocat Djovi Gally, du secrétaire national à la communication, Éric Dupuy, notamment, de vouloir « prendre le contrôle » du parti par la violence. « C’est une guerre de générations », analyse Peter Dogbé, journaliste à Lomé.