Dossier

Cet article est issu du dossier «Algérie : Bouteflika III, acte I»

Voir tout le sommaire
Diplomatie

Les dossiers chauds de la diplomatie

| Par Jeune Afrique
M. Messahel, ministre aux Affaires maghrébines et africaines, avec le ministre malien M. Ouane.

M. Messahel, ministre aux Affaires maghrébines et africaines, avec le ministre malien M. Ouane. © Louafi Larbi/Reuters

Au cours des six derniers mois, le ministre des Affaires étrangères a convoqué les ambassadeurs de France, d’Égypte et du Mali, et a rappelé ses ambassadeurs au Caire et à Bamako. Ambiance.

Le match qualificatif pour le Mondial sud-africain entre l’Algérie et l’Égypte, le 18 novembre 2009, a failli avoir la même tournure dramatique que celui qui avait opposé, quarante ans auparavant, le Salvador au Honduras : une guerre de cent heures, 2 000 morts et des dizaines de milliers de blessés. Le match du Caire fut précédé d’une véritable campagne de haine menée par les médias des deux pays, et la tension est montée d’un cran après le caillassage du bus de l’équipe algérienne par des supporteurs égyptiens.

L’incident aurait pu être réduit à un acte de hooliganisme, mais les plus hautes autorités d’Égypte émettent des doutes sur la véracité de l’agression. Les Algériens sont furieux. La rue s’en prend à tout ce qui incarne la coopération avec ce pays, encore frère hier. Au moment où les succursales du groupe égyptien Orascom à Alger sont incendiées, le drapeau algérien est brûlé par des manifestants au Caire. Réputés prompts à s’enflammer, les Algériens, du moins les officiels, affichent un surprenant sang-froid. Aucun communiqué pour dénoncer les propos du clan Moubarak s’en prenant au peuple algérien et à son président. Les médias publics sont restés de marbre face au déchaînement de haine versée quotidiennement par les chaînes satellitaires égyptiennes. Abdelkader Hadjar, l’ambassadeur d’Algérie est très vite retourné à son poste au Caire, une attitude conciliatrice que l’opinion a du mal à comprendre.

Autre dossier sur lequel l’opinion est en décalage avec la démarche de la diplomatie : les relations avec la France.

L’innocence de Mohamed Ziane Hasseni, poursuivi par la justice française, qui le soupçonne d’être le commanditaire de l’assassinat à Paris, en avril 1987, de l’opposant Ali André Mecili, ne fait pas l’ombre d’un doute aux yeux de l’Algérien lambda. D’autant que Hasseni a bénéficié de déclarations de soutien émanant de son patron direct, le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, et du Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Des pétitions en faveur de sa libération sont lancées par des universitaires, et la presse privée (notamment arabophone) fait campagne contre la justice de l’Hexagone. Medelci évoque le dossier avec son homologue français, Bernard Kouchner, mais aucune démarche officielle n’est entreprise. Entre l’interpellation de Mohamed Ziane Hasseni, en août 2008, et la convocation à propos de cette affaire de Xavier Driencourt, ambassadeur de France en Algérie, le 6 avril 2010, il s’est écoulé près de vingt mois.

Un manque de réactivité qui contraste avec la célérité de la réponse au Mali, dont la justice a décidé, le 18 février dernier, d’élargir quatre terroristes islamistes, parmi lesquels deux Algériens, pour obtenir la libération de l’otage français Pierre Camatte (libéré le 23 février). Dès le lendemain de la décision du tribunal de Bamako, Medelci convoque l’ambassadeur du Mali à Alger, puis rappelle son ambassadeur pour consultation. Pour le moment, ce dernier n’est toujours pas revenu dans la capitale malienne.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte