Défense

Soutien libyen

L’arrivée, fin mars, de dizaines de soldats étrangers au sein de la garde présidentielle inquiète l’opposition.

Le spectre d’un retour d’une armée parallèle dominée par des étrangers a resurgi aux Comores fin mars avec l’arrivée peu discrète de plusieurs dizaines de soldats en provenance de Libye – une trentaine selon les autorités, entre cinquante et soixante selon un officier de l’Armée nationale de développement (AND). Plusieurs sources sûres affirment que quelques-uns, « blonds et ne parlant pas l’arabe », auraient une autre origine.

À leur arrivée, raconte un témoin oculaire, « les soldats libyens se sont dirigés vers la présidence », et non en direction du camp militaire de Kandani, situé tout près. Plusieurs sources affirment que le chef d’état-major de l’armée, le général Salimou Mohamed Amiri, n’avait pas été informé de cette venue.

Rapidement, les Libyens ont intégré le Groupe de sécurité des hautes personnalités (GSHP), nom officiel de la garde présidentielle. Depuis, on ne voit qu’eux. Faciles à reconnaître (leur tenue est frappée du drapeau libyen), leurs méthodes ont tout de suite déplu.

Une attitude qui rappelle ici de bien mauvais souvenirs. Dans les années 1980, la garde présidentielle, dirigée par Bob Denard, qui comptait une trentaine de mercenaires français et plusieurs dizaines de Comoriens (tous subalternes) et qui faisaient régner la terreur dans le pays, était plus puissante que l’armée comorienne. L’opposition a vite fait le parallèle. « Pour moi, ce sont des mercenaires », dénonce Houmed Msaïdié, l’ancien directeur de cabinet du président Azali Assoumani. Aujourd’hui, c’est toute l’armée qui dépend de Kadhafi : fin mars, il aurait promis à Sambi de payer les salaires des militaires pour une durée d’un an… Juste au moment où Sambi s’apprête à remettre son mandat en jeu. Même dans les plus hauts rangs de l’armée, on s’interroge.

Salimou a récemment accusé le chef du cabinet militaire à la présidence, le colonel Abdoulbastoi Ahmed Abdou, de préparer un plan pour « l’éliminer physiquement » et d’avoir, pour ce faire, embrigadé des éléments de la GSHP. « La Libye a toujours aidé l’armée comorienne, rétorque Kamaliddine Affraitane, le porte-parole du gouvernement. Il n’y a rien de nouveau. » Quant à savoir quand partiront ces Libyens, il est moins affirmatif. « Quand leur mission sera finie », lâche-t-il.

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