Économie

L’Algérie compte se doter de sa première centrale nucléaire d’ici à 2025

L’Algérie entend construire sa première centrale nucléaire en 2025 pour faire face à une demande d’électricité galopante, a affirmé dimanche Youcef Yousfi, le ministre algérien de l’Énergie et des Mines.

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Mis à jour le 20 mai 2013 à 16:33

L’annonce a été faite hier, au cours d’une conférence de presse animée par Youcef Yousfi, ministre algérien de l’Énergie et des Mines. « Nous prévoyons d’avoir notre première centrale nucléaire en 2025 et nous sommes en train de travailler sur ce projet », a déclaré le ministre, cité par l’agence officielle Algérie Presse Service (APS). Dans ce sens,  « un institut de génie nucléaire, créé récemment, va former les ingénieurs et les techniciens qui seront chargés de faire fonctionner cette centrale », a-t-il ajouté.

Les ambitions nucléaires de l’Algérie ne sont pas nouvelles, comme en témoigne la construction en 1993 de Essalam, réacteur à eau lourde de recherche situé à Ain Oussera. Signataire du traité de non prolifération nucléaire, le gouvernement algérien avait déjà affiché, en juin 2007, son intention de développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, en concluant notamment des accords de coopération avec la France et les États-Unis sur le nucléaire civil. En novembre 2008, c’est le prédécesseur de Youcef Yousfi, qui annonçait un projet de première centrale nucléaire en 2020, qui devait être suivi ensuite d’une centrale supplémentaire tous les cinq ans.

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Réserves suffisantes mais défis persistants

L’Algérie doit cependant d’abord résoudre des défis liés à la sécurité de l’installation, au lieu de son implantation et à la disponibilité des importantes ressources nécessaires en eau, avait indiqué Youcef Yousfi en mars 2011. Le ministre avait alors assuré que l’Algérie disposait de réserves d’uranium suffisantes pour faire fonctionner une centrale nucléaire. Selon des chiffres déjà annoncés par le ministère de l’Énergie et des Mines, les réserves prouvées de l’Algérie en uranium avoisinent, en effet, quelque 29 000 tonnes, « de quoi faire fonctionner seulement deux centrales nucléaires d’une capacité de 1 000 MW chacune pour une durée de 60 ans ».

Le choix d’un recours partiel au nucléaire, à mettre en parallèle avec l’accent particulier mis par le gouvernement sur les énergies renouvelables, découle d’une volonté de réduire la facture énergétique dans un pays où la demande en électricité a progressé de 15 à 20% ces dernières années, toujours selon le ministère.