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Cet article est issu du dossier «Banques : après la crise»

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Banque

Conseil : place aux challengers

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Les cabinets de conseil francophones tentent de percer en Afrique anglophone.

Les cabinets de conseil francophones tentent de percer en Afrique anglophone. © Purestock/Sipa

Une petite dizaine de sociétés indépendantes sont apparues dans la zone franc. Guidant entreprises, États et investisseurs privés, elles multiplient les beaux coups à l’ombre des grandes banques d’affaires.

Elles sont une poignée. Mais le marché pour lequel elles se font concurrence n’est guère plus étoffé. Les sociétés de conseil financier spécialisées sur la zone CFA vivent leur vie, à l’ombre des grandes banques d’investissements africaines ou internationales. Car derrière les Investec, Renaissance Capital, JP Morgan ou Rothschild, plusieurs boutiques indépendantes ont émergé au cours des dernières années pour conseiller entreprises, États, investisseurs locaux ou internationaux dans leurs opérations de levée de fonds, de financement, de privatisation ou de fusion-acquisition.

Aucune n’est connue du grand public : Africa Capital, Linkstone, Africa Link Capital, Cadmos, AM Capital… Toutes, ou presque, sont nées de la disparition de l’ancienne banque d’affaires leader dans la zone francophone, Africa Merchant Bank (AMB), une filiale de la Belgolaise mise à l’arrêt lors du démantèlement de la banque belge par son actionnaire Fortis. Dix ans plus tard, les anciens dirigeants d’AMB occupent toujours le terrain : Joël Krief et Abdelnor Chehlaoui à la tête d’AM Capital, Serge Diop chez Africa Link Capital ou encore Idelphonse Affogbolo et Jean-Luc Lecorre,­ cofondateurs d’Africa Capital.

Des ex-associés aujourd’hui en concurrence et qui ont trouvé face à eux une poignée d’autres acteurs : Stéphane de Vaucelles, ex-directeur Afrique de la HSBC, a fondé Compagnie financière Cadmos ; Pape Diouf, lui aussi ancien de HSBC, est à la tête de Linkstone Capital ; Cyrille Nkontchou, avec Liquid Africa, conseille des opérations de levées de fonds ; et Brice Beumo, ancien banquier d’affaires chez Ecobank et Renaissance Capital, vient de fonder Cristalline. De solides pedigrees pour des acteurs qui évoluent sur un marché encore modeste. « Au final, que ce soit en termes de fusion-acquisition, d’introduction en Bourse, de levée de fonds ou de restructuration, il y a peu d’opérations en zone subsaharienne francophone », explique l’un de ces banquiers.

Résultat : chacun se fait sa place, où il peut. Linkstone, par exemple, a laissé son empreinte dans les télécoms, sa grande spécialité. La société basée à Londres et à Dakar a ainsi conseillé quelques grandes opérations comme la privatisation de la Sotelma (Mali), cédée à Maroc Télécom. Elle a également assisté le gouvernement du Mali pour la vente de 51 % de la Banque internationale pour le Mali à Attijariwafa Bank. Des « beaux coups » que peu de ses confrères peuvent avancer. « Ces opérations de privatisation demandent beaucoup de ressources internes et financières », explique Serge Diop. La structure qu’il dirige, Africa Link Capital, emploie quatre professionnels et travaille uniquement sur la Côte d’Ivoire, où elle tend à se spécialiser sur les missions de restructuration. Parmi ses pourvoyeurs d’opérations, le groupe Sifca, qui fait vivre beaucoup de structures de conseil indépendantes, dont Africa Capital. Cette dernière a notamment œuvré à l’ouverture du capital du groupe d’agrobusiness aux investisseurs singapouriens Olam et Wilmar.

image internationale

Rares sont parmi ces cabinets de conseil francophones ceux qui percent en Afrique anglophone. AM Capital s’y essaie. La petite structure parisienne a accompagné Emerging Capital Partners (ECP), fonds américain spécialisé sur l’Afrique, dans le rachat de Finagestion, filiale eau et électricité de Bouygues en Afrique ; elle a également conseillé le suédois IGE, propriétaire d’une mine au Kenya. Liquid Africa, lui, y parvient très bien. Son fondateur Cyrille Nkontchou est un familier des milieux d’affaires anglophones, et, en quelques années, sa structure a développé son image internationale avec des opérations menées pour le britannique Satya Capital ou les panafricains PAIDF et ECP. « Les deux dernières années ont été difficiles en zone CFA, souligne un banquier. Notamment parce que les opérateurs nigérians qui avaient réalisé nombre d’opérations dans la sous-région se portent mal, de même que les investisseurs du Golfe. » D’où la nécessité de s’ouvrir à de nouveaux territoires.

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