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Cet article est issu du dossier «Abidjan, la saga-cité»

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Elections

Élections : radiographie avant la bataille

Les résultats du scrutin à Abidjan seront décisifs (L. Gbagbo, à gauche, avec A. Ouattara). © Sia Kambou/AFP

Tous les généraux le disent : pour gagner une guerre, il y a des batailles décisives à remporter. Dans les états-majors politiques ivoiriens, on prépare celle d’Abidjan avec le plus grand soin. « Autrefois, le vote de la campagne influençait le vote de la ville, précise Gervais Coulibaly, porte-parole du président Laurent Gbagbo. Aujourd’hui, c’est souvent le contraire. » D’où l’impérieuse nécessité de bien appréhender les désirs profonds du premier électorat du pays : 2,1 millions d’inscrits sur un total de 6,3 millions.

Le staff de campagne de Laurent Gbagbo l’a bien compris et a demandé à TNS Sofres de lui donner des estimations pour la présidentielle à Abidjan. Selon la troisième vague d’enquêtes (octobre 2009), le chef de l’État sortant arriverait en tête au premier tour dans le district avec 50 % des intentions de vote, devant Henri Konan Bédié (26 %) et Alassane Ouattara (24 %). Des estimations à considérer néanmoins avec une certaine prudence. Si le sérieux du deuxième sondeur mondial ne fait pas de doute, les résultats des enquêtes en Afrique sont loin d’être aussi fiables qu’en Europe. Du côté de l’opposition, on préfère se référer aux résultats des dernières municipales, en 2001. Le Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir) y avait obtenu 33,5 % des voix, devant le Rassemblement des républicains (RDR, 29 %) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, 23 %).

Tactiques d’approche

« Le candidat en tête à Abidjan aura une bonne chance de remporter la présidentielle, estime également Mamadou Sanogo, secrétaire national chargé des élections au RDR. C’est pourquoi toute notre stratégie repose sur sa conquête. »

Les partis politiques ne lésinent pas sur les moyens pour séduire cette population urbaine, jeune et férue de nouvelles technologies.

Au sein de la direction de ­campagne du RDR, aux Deux-Plateaux, une dizaine de personnes se chargent des messages aux électeurs : alimentation des sites de campagne et des blogs, participation au forum de discussion, gestion des informations sur Facebook, envois de SMS…

Sans compter que les législatives devront se tenir, théoriquement, dans les deux mois suivant le scrutin présidentiel. En 2000, le RDR les avait boycottées, laissant la grande majorité des sièges au FPI et au PDCI. Des poids lourds du FPI comme Simone Gbagbo (Abobo), Mamadou Koulibaly (Koumassi) et Moïse Lida Kouassi (Marcory) devraient défendre leurs sièges face à une opposition qui songe à monter des listes uniques.

L’autre grande bataille sera celle des municipales (dans les dix communes d’Abidjan), dont la date reste à déterminer. L’opposition devrait maintenir tous ses élus. Adama Toungara (RDR) se représentera à Abobo. Hortense Aka Angui (PDCI) se repositionnera à Port-Bouët. Côté pouvoir, Marcel Gossio, directeur du Port autonome d’Abidjan, pourrait être tenté de la défier. Raymond N’Dohi Yapi, le maire PDCI de Koumassi, se verrait bien prolonger. À Yopougon, le maire, Félicien Gbadaman Djidan (FPI), pourrait croiser le fer avec Doukouré Moustapha (PDCI). À Cocody la chic, l’ex-ministre Hamed Bakayoko (RDR) pourrait surgir pour affronter Jean Baptiste Gomon Diagou (FPI), le titulaire, et le PDCI pourrait reconduire son candidat Mathias N’Goan. À Treich­ville, François Amichia (PDCI), qui jouit de l’adhésion de la population, semble bien parti pour une reconduction.

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