Société

Christopher Coke, narco de père en fils

Comme son géniteur avant lui, Christopher Coke est un baron de la drogue. La décision des autorités de l’extrader vers les États-Unis a mis le pays à feu et à sang.

Mis à jour le 31 mai 2010 à 19:30

Christopher Coke, alias « Dudus » : le « parrain de Kingston ». © Ho New/Reuters

Diffusée par la police jamaïcaine, sa photo un peu floue a fait le tour de la planète. Mais elle n’apprend pas grand-chose sur le personnage. Son nom est beaucoup plus éloquent ! En quelques jours, Michael Christopher Coke, alias « Dudus », est devenu le « parrain le plus dangereux du narcotrafic mondial ». Du moins si l’on en croit l’administration américaine.

L’imminence de sa probable extradition vers les États-Unis, qui l’accusent d’être à la tête d’un immense trafic de drogue et d’armes, a mis la Jamaïque à feu et à sang. Après l’annonce-surprise d’un accord entre les deux pays en vue de son arrestation, ses partisans sont passés à l’action. L’état de siège a été proclamé, et Bruce Golding, le Premier ministre, a promis de « combattre les puissances du mal qui minent notre société et nous valent d’être classés comme l’une des capitales du crime ». Du 23 au 25 mai, les affrontements entre narcos et forces de l’ordre auraient fait près de 60 morts, dont 44 civils. Mais, le 27 mai, Coke restait introuvable.

Robin des Bois ou criminel notoire ?

Ce n’est pas la première fois que les autorités s’attaquent aux gangs du quartier de Tivoli Gardens – un bastion du parti au pouvoir, dont Golding est l’élu. En 2001, déjà, des combats avaient fait au moins 25 morts.

Ce n’est pas non plus la première fois qu’un Coke est recherché par les États-Unis. En 1992, le père de Dudus, Lester Lloyd, fondateur du Shower Posse (le « gang des douches »), avait péri dans un incendie alors qu’il allait être extradé. Son fils avait alors repris l’affaire… Protégé par ses accointances politiques et la réputation de « Robin des bois » que lui vaut l’aide – très intéressée – qu’il apporte aux plus démunis, Dudus, 41 ans, menait son trafic sans trop d’encombre. Il est présenté par son avocat comme un « homme honnête » qui est parvenu à « transformer un quartier en proie au crime en un endroit où les gens peuvent gagner de l’argent ».