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Malabo maintient le cap

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Culture

Les magazines trouvent enfin un distributeur à Malabo

Mis à jour le 10 juin 2010 à 13:31

Sa pile de magazines sous le bras, Marlène est ravie. Elle va pouvoir passer sa soirée à dévorer ses hebdomadaires préférés. Pas ceux de la semaine passée, mais bien ceux qui viennent tout juste de paraître. Le pays dispose, enfin, d’un distributeur de presse officiel.

En mars 2010, Hola Guinea Ecuatorial Presse Distribution, filiale du groupe Malabo Contacts, signait en effet un accord avec Presstalis, ex-NMPP (Nouvelles Messageries de la presse parisienne), via sa filiale au Cameroun, Messapresse. C’est une petite révolution pour les résidents de Malabo, la capitale équato-guinéenne, qui devaient jusqu’alors s’en remettre à un ami débarquant d’Europe ou d’un pays voisin pour obtenir un magazine, à moins d’y être abonné, cela impliquant alors les délais d’acheminement du courrier.

« Les statuts de notre société, créée en 2003, prévoyaient la distribution, mais ce sont les fournisseurs qui n’avaient pas confiance dans le marché », précise Jacques Jim Ibinga, le directeur de Malabo Contacts. La société de distribution démarre avec une cinquantaine de titres – des hebdos et des mensuels – et un nombre limité d’exemplaires par titre. « Il faut tester le marché », explique Jim Ibinga. Si la presse en langue espagnole est très demandée, elle reste cependant limitée à des magazines féminins ou people, alors que la presse francophone offre davantage de titres généralistes et portant sur l’Afrique.

Outre un système d’abonnement (à des particuliers, des entreprises et administrations), l’entreprise dispose de points de vente publics, dont le sien, dans ses locaux, et celui qu’elle a installé à l’hôtel 3-de-Agosto. Ceux du Sofitel et du Paraiso sont directement gérés par ces hôtels. Prochainement, un kiosque sera ouvert au centre culturel français.

Retour de l’envie de lire

Rien de prévu encore dans les supermarchés, ceux-ci ne disposant pas, selon le directeur de Malabo Contacts, d’espace approprié : l’entreprise impose en effet un cahier des charges aux revendeurs dont elle forme le personnel. « On doit notamment faire un effort de présentation des magazines et redonner l’envie de lire aux clients », souligne Ibinga. À terme, la société entend se positionner comme seul fournisseur et laisser aux détaillants le soin de gérer eux-mêmes leurs espaces.

La prochaine étape sera l’approvisionnement de Bata – qui compte déjà un kiosque à l’aéroport – via un point de vente dans un hôtel ou un lieu public. Pour les villes de Mongomo (Est) et d’Ebebiyin (Nord-Est), centres à fort pouvoir d’achat, le système d’abonnement sera la règle, en attendant que le marché s’étoffe. Ce qui est une certitude, la partie continentale du pays étant appelée à se développer.