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Malabo maintient le cap

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Un ciel chargé

Mis à jour le 16 juin 2010 à 12:48

Le développement des activités économiques et l’ouverture du pays attirent un nombre grandissant de compagnies. Les transporteurs, dont l’opérateur national Ceiba, s’organisent pour garder – ou élargir – leurs positions.

De plus en plus de compagnies aériennes étrangères affluent en Guinée équatoriale, tandis que la compagnie nationale, Ceiba Intercontinental, poursuit son développement. Une situation qui traduit l’essor des activités économiques et l’ouverture du pays, et qui contraint les transporteurs à revoir leur stratégie.

Concernant le trafic international, les compagnies les plus anciennement implantées – Iberia, Air France et Royal Air Maroc – ont vu arriver en 2008 l’allemand Lufthansa, puis l’espagnol Air Europa en 2009, ainsi que Kenya Airways et Ethiopian Airlines. Prochainement, doivent également débarquer la compagnie ouest-africaine Asky, Air Cemac et, peut-être, l’américaine Delta.

Évidemment, les nouveaux arrivants bousculent les positions acquises. Lufthansa et Ethiopian Airlines ont grignoté quelques parts de marché à Air France, l’une sur le trafic vers l’Europe et l’autre sur celui vers l’Asie, tandis qu’Air Europa concurrence Iberia sur le marché espagnol.

Bien que porteur, le marché à l’international, qui représente quelque 150 000 passagers par an, n’est pas extensible à l’envi. Aussi, pour maintenir leurs parts de marché, les compagnies présentes doivent faire preuve d’imagination. Air France, dont la clientèle est composée principalement de personnes travaillant pour les pétroliers et dans le BTP, a déjà pris les devants avec l’ouverture d’une nouvelle escale à Bata, qui sera opérationnelle le 24 juin prochain. « Nous proposerons deux vols hebdomadaires sur Bata. En ouvrant cette escale, nous avons fait un pari sur l’avenir, car la partie continentale du pays est en pleine croissance », précise Peyo Labeguerie, directeur de la délégation Air France en Guinée équatoriale.

Objectif : quitter la liste noire

Ceiba Intercontinental n’échappe pas à la nouvelle donne. Sur le marché domestique, la compagnie nationale, dont le taux de remplissage est de l’ordre de 65 %, a quelques atouts face à ses concurrents, dont ses compatriotes Cronos Airlines et Egams ou la danoise Data, qui transporte le personnel de la compagnie pétrolière américaine Hess. Ceiba assure deux à trois rotations par jour entre Bata et Malabo, respecte les horaires et est la seule à desservir l’île d’Annobon – et, quand ils seront opérationnels (a priori en 2011), les aéroports de l’île de Corisco et de Mongomeyem.

En revanche, sur ses vols internationaux, Ceiba, qui dessert Abidjan, Accra, Lomé, Cotonou, Douala, Bangui, Libreville, Brazzaville, Pointe-Noire et São Tomé, doit affronter une vraie concurrence. Si ses appareils ATR 42 et 72, très économes en carburant, permettent de fréquentes rotations, leur capacité en matière de fret est limitée. « Or, explique Mamadou Jaye, directeur général de Ceiba, la liaison côtière est très fréquentée par les commerçants, qui ont beaucoup de fret. » Sans compter que les escales obligatoires que sont Abidjan, Cotonou ou Libreville mettent Ceiba en concurrence avec de gros-porteurs qui ont de plus grandes capacités.

Pour remédier à la situation, Ceiba prévoit de convertir l’un de ses ATR en cargo et d’acquérir deux Boeing 737, qui lui permettront aussi de desservir Madrid, voire Paris… Reste à obtenir les autorisations, car la Guinée équatoriale figure encore sur la « liste noire » établie par l’Union européenne en mars dernier. La formation du personnel au sol de Ceiba, assurée par Air France, celle de ses pilotes, avec l’appui de la coopération française, les efforts en cours en matière de contrôle, ainsi que l’adhésion au système international de distribution et de gestion informatisée Amadeus devraient donner à la compagnie les moyens de relever le défi.