Politique

La faute du colonel Terhzaz

Mis à jour le 10 juin 2010 à 11:57

La fille du colonel à la retraite Kaddour Terhzaz, qui purge une peine pour « atteinte à la sécurité extérieure de l’État » à la prison de Salé depuis 2008, a sollicité la grâce royale, mardi. Mais l’homme compte peu de soutiens parmi ses anciens collègues.

Condamné à douze ans de prison en 2008 pour « atteinte à la sécurité extérieure de l’État » et incarcéré depuis à Salé, le colonel-major à la retraite Kaddour Terhzaz, 72 ans, ancien numéro deux de l’armée de l’air marocaine, doit se sentir bien seul. Ni l’ambassade de France à Rabat (il dispose de la double nationalité française et marocaine), ni ses anciens collègues ne sont intervenus pour appuyer sa famille, laquelle mène campagne, en France et aux États-Unis, pour obtenir sa libération

Le colonel Terhzaz, qui se voit reprocher d’avoir écrit, en 2006, une lettre au roi Mohammed VI dans laquelle il dénonçait le sous-équipement des avions­ de combat marocains pendant la guerre contre le Polisario il y a vingt ans – et de l’avoir fait savoir –, vient ainsi d’être critiqué par un officier dont il souhaitait pourtant le témoignage en sa faveur. Ce dernier, le capitaine Ali Najab, ancien pilote longtemps détenu dans les camps du Polisario, estime que Terhzaz, qui, selon lui, ne s’est jamais préoccupé du sort des prisonniers du désert quand il était en fonction à l’état-major, a « violé le secret-défense » auquel il était tenu, « qu’il soit en service ou à la retraite ».

Si la famille du colonel estime que ce dernier est détenu pour son « franc-parler », des sources proches de la justice militaire évoquent, elles, des motivations personnelles, Terhzaz ayant cherché par son geste à « régler des comptes » avec son supérieur de l’époque, le général Mohamed Kabbaj (aujourd’hui décédé).