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Ousmane Conté sur liste noire américaine

Ousmane Conté, fils de l'ex-président guinéen, en détention à la gendarmerie de Conakry (2008).

Ousmane Conté, fils de l'ex-président guinéen, en détention à la gendarmerie de Conakry (2008). © Jerome Delay/AP-SIPA

Ousmane Conté, le fils de l’ancien président guinéen Lansana Conté, et le Mozambicain Mohamed Bachir Suleman, sont deux des nouvelles cibles de la loi américaine sur la désignation des « barons de la drogue ».

Dans une lettre succincte adressée le 1er juin aux membres du Congrès, le président américain, Barack Obama, nomme « les cinq étrangers suivants comme étant passibles de sanctions, aux termes de la loi sur la désignation des barons de la drogue » : les Afghans Haji Agha Jan Alizai et Haji Bando, le Mexicain Sergio Enrique Villarreal Barragán, ainsi que le Mozambicain Mohamed Bachir Suleman et le Guinéen Ousmane Conté. Les deux derniers, figures emblématiques dans leurs pays respectifs, viennent doubler le nombre d’Africains sur cette longue liste noire américaine, qui compte déjà deux officiers supérieurs bissau-guinéens : Ibrahima Papa Camara, chef d’état-major de l’armée de l’air, et José Américo Bubo Na Tchuto, ancien chef d’état-major de la marine.

Homme d’affaires prospère, proche du Front de libération du Mozambique (Frelimo, parti au pouvoir), Mohamed Bachir Suleman est depuis longtemps dans le viseur des États-Unis, comme en témoigne cette sortie d’un responsable du Trésor américain : « Mohamed Bachir Suleman est un narcotrafiquant à grande échelle au Mozambique, et son réseau contribue au développement du trafic de la drogue ainsi qu’au blanchiment d’argent sale à travers l’Afrique australe. »

Quant à Ousmane Conté, il n’est autre que le fils de Lansana Conté, au pouvoir en Guinée de 1984 à 2008. Arrêté le 24 février 2009 par la junte militaire, qui s’est emparée du pouvoir au lendemain du décès de son père, il a reconnu avoir contribué au narcotrafic mais nié en avoir été le parrain. Ce que conteste l’administration américaine. En attendant qu’il passe devant la barre des assises, qui se tiennent à Conakry depuis plusieurs semaines, « toutes ses propriétés et tous ses intérêts sous juridiction américaine » seront saisis… Et toute personne en relation d’affaires avec lui risque une condamnation à des peines de félonie, à des amendes, saisies de biens, etc. Le redouté Office of Foreign Assets Control, un organe du département du Trésor, est déjà à l’œuvre.

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