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Cet article est issu du dossier «Tunisie : la bio aptitude»

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Sain, écolo… mais cher

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Le bio tente de se populariser et de séduire le marché local. Face à des consommateurs plus regardants sur le prix du kilo de tomates que sur son origine, le pari n’est pas gagné.

Depuis quelques mois, dans les grandes surfaces, apparaissent des fruits et légumes arborant le label bio et des linéaires réservés aux produits biologiques. Sans, d’ailleurs, que ces derniers soient pour autant mis en valeur. Ainsi, chez Monoprix, les abricots bios côtoient les abricots « communs ». Seule différence, leur prix. De 30 % supérieur.

La notion de bio est encore nouvelle pour les Tunisiens. La plupart d’entre eux sont persuadés qu’ils consomment bio parce qu’ils font l’amalgame entre les produits frais et naturels, auxquels ils ont très facilement accès, et les produits bio­logiques. Ils ne sont d’ailleurs pas pointilleux quant au mode de production et à l’origine d’un produit. Mieux, peut-être à cause de l’image surannée que beaucoup prêtent à la production agricole traditionnelle, dans leur dialecte, les pesticides sont désignés par le même mot que les médicaments. Une chose est sûre, l’élément essentiel reste le prix de revient du couffin du ménage… Or, destinés à une clientèle essentiellement citadine, souvent étrangère et ayant un certain pouvoir d’achat, les produits bios restent relativement chers pour le Tunisien moyen.

Zahia Bouzouita, productrice et secrétaire générale de la Fédération nationale de l’agriculture biologique, a ouvert à Tunis le premier magasin proposant des fruits et légumes bios. Mais l’expérience a tourné court, faute de commodités de stationnement pour les clients. Aujourd’hui, elle fait de la vente directe, grâce à son carnet d’adresses. Selon elle, si l’export a été et reste important pour le développement de la filière, le marché local est désormais primordial pour sa pérennité. « Ce qui suppose des actions concertées entre les institutions de la santé, du commerce et de l’environnement, explique-t-elle. Pour pallier le manque de visibilité du produit bio au niveau local, il est nécessaire de créer un réseau commercial, avec une stratégie de marketing et de communication. Le marché existe, mais il faut que les produits soient accessibles… Par exemple, de plus en plus de médecins reconnaissent les bienfaits de ces produits et les recommandent, mais le consommateur ne sait pas où se fournir. »

Emma Bernegger, gérante de la société Napolis, spécialisée dans les produits biologiques à base de céréales, semble, elle, plus optimiste. Constatant que ses commandes augmentent, elle est persuadée que le bio entre petit à petit dans les habitudes. Mais est tout aussi convaincue de la nécessité d’informer sur la nature du produit biologique, ainsi que sur ses modes de culture et de transformation afin de justifier son prix plus élevé.

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