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Cet article est issu du dossier «Tunisie : la bio aptitude»

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Shiraz Sayah

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Directrice générale adjointe d’Ulysse Développement agricole (Groupe Ulysse Trading and Industrial Companies, Utic)

Jeune Afrique : Pourquoi votre groupe a-t-il choisi d’investir dans l’oléiculture ?

Shiraz Sayah : Le marché connaît une croissance de 8 % à 10 % par an, l’huile d’olive étant de plus en plus demandée de par le monde et, selon les analyses du Conseil oléicole international, la Tunisie a un potentiel énorme en termes de superficie et d’amélioration des rendements. Autant d’éléments qui nous ont conduits à envisager le développement du projet des domaines d’Utic, près de Gafsa, qui regroupent quatre parcelles, soit à terme un million de pieds.

Il est temps d’abandonner les méthodes archaïques, qui sanctionnent l’huile d’olive tunisienne sur le marché mondial, et de s’engager dans la modernité. L’unique frein est le déphasage entre notre filière et l’administration, qui avance lentement par rapport aux objectifs ambitieux fixés par le gouvernement.

Comment les domaines d’Utic comptent concilier culture intensive et production biologique ?

Nous ne ferons pas à proprement parler du bio, car nous sommes contraints, en culture intensive, d’utiliser des fertilisants. Mais notre projet est intégré et écologique. Nous avons opté pour des procédés d’extraction en deux phases, qui permettent de réduire la consommation d’eau et d’énergie, et de produire moins de déchets. Ces derniers seront totalement recyclés, sous forme de combustibles propres pour l’huilerie. Par ailleurs, la récolte et le conditionnement font l’objet d’une traçabilité certifiée ISO 22000, ainsi que d’analyses d’hygiène biologiques, chimiques et physiques selon la méthode HACCP [Hazard Analysis Critical Control Point, NDLR].

Un tel projet peut-il être compatible avec le développement durable ?

Nous nous inscrivons dans cette ligne en adoptant des normes et procédures qui permettent à la fois à l’agriculture d’être durable et au projet d’être rentable. C’est un équilibre à trouver, afin de développer « un capitalisme raisonné ». La technologie n’est pas incompatible avec l’écologie, bien au contraire elle la soutient, et nous investissons sur l’avenir en participant au développement d’une région à forte tradition oléicole et en apportant de l’innovation.

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