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Cet article est issu du dossier «Tunisie : la bio aptitude»

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Une recherche biocompatible

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Salle de culture in vitro à l'Institut national des sciences appliquées et de technologie (Insat).

Salle de culture in vitro à l'Institut national des sciences appliquées et de technologie (Insat). © Ons Abid pour J.A.

Lutte contre les parasites, méthodes de culture, formation… Les scientifiques et ingénieurs accompagnent les exploitants et les éleveurs dans le développement de la filière, avec de tout nouveaux laboratoires.

L’ensemble de la filière de l’agriculture biologique, des sols à la récolte et, le cas échéant, au produit transformé, obéit à des cahiers des charges spécifiques, à l’établissement desquels ont contribué les scientifiques et ingénieurs tunisiens. Ces derniers continuent de travailler main dans la main avec les producteurs pour améliorer les rendements et la qualité, optimiser les méthodes, rationaliser les pratiques.

Plusieurs organismes scientifiques collaborent ainsi avec le Centre technique de l’agriculture biologique (CTAB). Créé en 1999 et établi à Chott Meriem, dans le gouvernorat de Sousse, il a pour mission d’assurer la mise en œuvre et la pertinence, sur le terrain, des résultats de la recherche, et d’introduire des techniques de production spécifiques. C’est à Chott Meriem qu’ont lieu, entre autres, les essais relatifs à l’amélioration des cultures maraîchères et que sont testées différentes techniques de production biologique. Les travaux de recherche et développement (R&D) portent sur la composition du compost, l’amélioration de la fertilité des sols, ou encore la lutte biologique (qui consiste à développer une arme bio pour combattre anomalies et parasites). Enfin, depuis février, le CTAB héberge le Laboratoire national de recherche en agriculture biologique.

L’apport des organismes scientifiques au développement de la filière, dans ses différents domaines, est déterminant. Concernant l’oléiculture, la coopération avec l’Institut de l’olivier de Sfax a avalisé les procédures de culture et de traitement des oliveraies et, aujourd’hui, au sein de l’École nationale d’ingénieurs de Sfax, il est question de former les étudiants à la trituration biologique des olives selon les différentes variétés. Pour protéger les palmiers dattiers, les travaux de R&D ont abouti à la mise en place d’élevages d’insectes utiles contre la pyrale, papillon ravageur des palmeraies. Enfin, en ce qui concerne le développement des plantes aromatiques et médicinales, ainsi que la gestion des ressources en eau, les nombreux travaux de l’Institut des régions arides, issus de l’observation de l’environnement et des pratiques agricoles, constituent une référence.

Partenariats fertiles

De son côté, le Centre de biotechnologie de Borj Cedria (CBBC), créé en 2005 et établi à Hammam Lif, à 25 km de Tunis, met au point des procédés destinés à améliorer certaines facultés des espèces végétales (adaptation à la salinité et à la sécheresse, meilleur rendement…). Enfin, des travaux menés par différents laboratoires académiques ont permis de mettre en avant la qualité des cultures sous serre fondées sur l’exploitation des eaux géothermiques, si bien que 310 000 ha leur seront consacrés en 2014, contre 194 000 ha en 2009.

Le défi des laboratoires de recherche, des organismes professionnels et des pouvoirs publics est aussi de communiquer sur ces résultats, pour faire passer un message : produire bio est en adéquation avec les changements climatiques et permettra à l’agriculture d’être pérenne. Un message destiné notamment aux agriculteurs, pour les sensibiliser aux meilleures pratiques.

Par ailleurs, au sein des groupements interprofessionnels ont été créées des cellules chargées des produits biologiques (fruits, légumes, viandes rouges, produits laitiers), afin de les promouvoir et d’assurer des débouchés à la production.

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