Politique

Culturesfrance : Poivre amer

Mis à jour le 16 juin 2010 à 12:00

Olivier Poivre d’Arvor faisait grise mine, le 7 juin, dans les salons de l’ambassade de France à Cotonou, peu après son arrivée au Bénin pour le lancement de Regard Bénin 1.0, la première Biennale d’arts visuels. Et pour cause : il venait d’apprendre par une dépêche de l’Agence France Presse, lue sur son iPhone, qu’il était remplacé à la tête de Culturesfrance par Xavier Darcos, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, puis du Travail, de Nicolas Sarkozy.

Poivre d’Arvor savait que ses jours étaient comptés, après dix ans de bons et loyaux services à la tête du réseau culturel français, mais c’est en vain qu’il a attendu un coup de fil du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

À Cotonou, il n’a pas caché son amertume face à des « méthodes parisiennes » jugées « brutales ». D’autant que, selon lui, il avait obtenu la garantie du ministère qu’un poste lui serait proposé avant son départ de Culturesfrance. Si la piste de l’ambassade de France à Athènes (Grèce) a été évoquée lors d’un entretien avec Kouchner, il y a quelques semaines, elle n’est plus d’actualité : le Quai d’Orsay a évoqué, le 8 juin, Maurice et la Roumanie. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Olivier Poivre d’Arvor ne paraissait guère enchanté par ces ambassades… Cependant, l’homme – étiqueté à gauche – est loin d’être désespéré. Tout en étant « en attente d’une destination », il envisage aussi avec sérénité un « engagement en politique ».

En ce qui concerne Xavier Darcos – écarté, lui, de la politique –, il hérite en réalité du poste d’ambassadeur chargé de mission pour l’action culturelle extérieure de la France. À ce titre, il devra accompagner la métamorphose de Culturesfrance, prévue pour les mois qui viennent. L’institution doit en effet devenir un établissement public à caractère industriel et commercial (Epic), rebaptisé Institut français.

Au lendemain de sa nomination en Conseil des ministres, le 9 juin, Xavier Darcos n’était toujours pas passé dans les locaux de Culturesfrance, où il est exclu qu’il doive travailler un temps main dans la main avec Poivre d’Arvor. Pour ce dernier, « on ne peut pas être deux à mener cette réforme ».