Politique

Petit test avant 2011

Le 6 juin, quatre ex-ténors du Parti démocratique gabonais, devenus opposants, remettaient en jeu leur siège de député. Résultat : deux victoires, deux échecs.

On les avait trop vite enterrés. Jean Eyeghe Ndong et André Mba Obame, respectivement ancien Premier ministre et ancien ministre de l’Intérieur, tous les deux démissionnaires du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), ont regagné leur siège de député lors des partielles du 6 juin. Leur victoire crédibilise l’Union nationale (UN), la coalition d’opposition qu’ils ont créée, en février, avec Zacharie Myboto.

Le premier, qui fut candidat à la présidentielle du 30 août 2009 avant de se désister au profit du second, disputait son siège dans le 1er arrondissement de la capitale, face à son éternel rival Paul Mba Abessole. Selon les résultats provisoires, Eyeghe Ndong aurait rassemblé près de 70 % des suffrages, profitant de l’impopularité de Mba Abessole. Celui-ci, ecclésiastique populiste, fut longtemps considéré comme l’opposant le plus radical du régime d’Omar Bongo Ondimba, avant de prendre la mairie de Libreville avec l’approbation de ce dernier, d’entrer au gouvernement, puis de revenir dans les rangs de l’opposition lors de la présidentielle de 2009. La valse s’est poursuivie par un énième revirement, qui l’a conduit de nouveau au sein de la majorité présidentielle. Il pourrait payer ses va-et-vient, qui ont fini par démobiliser ses plus fervents partisans.

L’échiquier politique bouge

André Mba Obame (AMO), lui, se serait largement imposé à Medouneu, son fief du Wolleu Ntem, avec plus de 65 % des suffrages exprimés, face au candidat du PDG, Guy Mombé Assey. Arrivé troisième à la présidentielle, AMO conforte ainsi sa position d’opposant le plus « dangereux » du chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba.

Les partielles ont cependant été fatales à d’autres baobabs de la politique. L’ex-Premier ministre Casimir Oyé Mba a perdu contre Nkoghé Bekalé, l’actuel ministre des Mines. Ce pilier du gouvernement, pour lequel le Premier ministre, Paul Biyoghé Mba, n’a pas mégoté son soutien, a réussi à remporter le siège de Ntoum, anciennement détenu par le dissident du PDG, devenu l’un des vice-présidents de l’UN. Battue aussi, Paulette Missambo, ancienne ministre de l’Education nationale, qui n’est pas parvenue à reconquérir le siège de Lastourville (Ogooué-Lolo) face à Régis Immongault, actuel ministre de l’Energie.

Certes, le parti au pouvoir conserve la majorité absolue, avec 83 des 120 sièges de l’Assemblée nationale et 75 des 102 sièges du Sénat. Mais l’échec de certains de ses poids lourds devrait inquiéter au-delà des lignes partisanes. Car un renouvellement des élites politiques est en cours, qui pourrait toucher toute la classe politique en 2011, à la fin de l’actuelle législature.

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