Société

Plantes miracles contre la drépano

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Mis à jour le 21 juin 2010 à 13:07

Un laboratoire local a développé un traitement  cinq fois moins cher que les autres médicaments.

Le ministère de la Santé du Burkina a accordé, le 28 mai, l’autorisation de mise sur le marché du Faca, un traitement contre la drépanocytose développé à Ouagadougou par l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) du Burkina. Préparées à base de fagara et de calotropis, des plantes « miracle », les gélules soulagent les douleurs liées à cette maladie du sang héréditaire.

Déformés, les globules rouges des patients atteints par cette maladie peuvent bloquer les petits vaisseaux sanguins et causer des crises douloureuses, qui peuvent être déclenchées en altitude, où l’oxygène se raréfie. Le footballeur Lassana Diarra a ainsi dû déclarer forfait à Tignes (2 100 m), lors du stage de préparation de l’équipe de France au Mondial sud-africain. La maladie est présente surtout en Afrique, une situation qui s’explique par l’adaptation naturelle : en effet, les porteurs du gène drépanocytaire résistent mieux au paludisme. Badiori Ouattara, pharmacien et chef de production des phyto-médicaments à l’IRSS, témoigne de la difficulté à financer la recherche et développement sur cette maladie à laquelle « l’industrie pharmaceutique accorde peu d’intérêt, car les populations affectées ont un faible revenu ».

Mais l’IRSS a réussi son pari. L’unité de production de Ouagadougou, seule à produire expérimentalement le médicament depuis 2006, va plus que jamais répondre au besoin des malades de la sous-région, qui affluent pour se procurer les boîtes de 100 gélules de Faca, vendues pour 4 500 F CFA (7 euros), quand l’antidrépanocytaire produit par Sanofi Aventis se vend 39 euros les 100 comprimés. « Le Faca est d’ailleurs utilisé jusqu’en France. L’engouement est si fort que nos prévisions de ventes annuelles ont déjà été dépassées », explique Badiori Ouattara.