Économie

AFD : premier oral réussi pour Anne Paugam

Pressentie pour succéder à Dov Zerah à la tête de l’AFD, Anne Paugam était auditionnée aujourd’hui mercredi 22 mai par la commission des affaires étrangères du Sénat.

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Mis à jour le 22 mai 2013 à 18:27

C’est un passage obligé pour tout prétendant au poste de directeur général de l’Agence française de développement (AFD). La commission des affaires étrangères du Sénat a auditionné ce mercredi 22 mai, Anne Paugam, proposée par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, pour prendre la tête de l’établissement public. Maîtrisant son sujet, cette inspectrice des finances, passée par la Banque mondiale, a dessiné les contours de son projet pour l’agence.

En guise d’introduction, cette ancienne cadre de l’AFD pendant l’ère Severino (2001-2010), a rappelé que le bailleur comptait parmi les plus importantes institutions publiques de développement au monde. Ainsi, en 2012, elle a accordé près de 7 milliards d’euros d’autorisation de financement. La future directrice a dévoilé les trois défis majeurs que devra affronter l’AFD dans les années à venir. Il s’agira d’abord de maintenir les capacités d’influence de l’établissement public, dans un contexte de forte contrainte budgétaire. Parce que « le développement ne peut plus se concevoir autrement que durable », le deuxième défi sera de concilier normes environnementales et sociales et réduction de la pauvreté. Enfin, le troisième axe de son action consistera à favoriser la projection des savoirs-faire français, avec en tête l’idée de promouvoir l’expertise des entreprises françaises dans les pays pauvres et émergents.

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Priorité maintenue pour l’Afrique

Zone traditionnellement importante pour l’AFD, qui lui consacre 28,9% de son activité, « l’Afrique dans son ensemble reste prioritaire », a affirmé la future directrice, ajoutant même « qu’il faudrait faire plus » notamment pour les pays en situation d’urgence. 

Interrogé, par les sénateurs sur les risques d’émiettement de l’extension géographique de l’institution (qui vient d’intégrer la Birmanie, la Libye, et le Pérou à son domaine d’intervention), Anne Paugam a défendu l’engagement de l’AFD auprès des pays émergents. Cet engagement, qui prend essentiellement la forme de prêts, permettrait selon elle de bâtir des « réseaux d’expertise », sans peser pour autant sur le budget de l’Etat.

L’audition a été suivie d’un vote qui a confirmé la nomination de celle qui s’est présentée avant tout, comme « serviteur de l’Etat ». Les sénateurs, de droite comme de gauche, avaient affiché leur intention de se rallier à sa candidature.