Société

Défense et sécurité : nouvelles cibles du « nettoyage »

La corruption et les détournements n’épargnent aucun secteur. Les services de défense et de sécurité sont sur la sellette. Comme pour montrer que personne n’est à l’abri.

Mis à jour le 27 juin 2010 à 20:30

Après la filière café-cacao, qui a été nettoyée en juin 2008, et l’administration publique, le vent de l’opération mains propres initiée dans le cadre de la moralisation de la vie publique a soufflé sur l’armée et la police nationale. Une dizaine de sous-officiers et officiers ont déjà été entendus par la justice.

Dernière prise en date, le colonel Mongomin N’Golé, directeur général du Fonds de prévoyance militaire (FPM), la caisse de solidarité des militaires, suspecté d’avoir détourné plusieurs milliards de francs CFA. Il a été interpellé le 11 juin à son domicile à son retour de vacances en France puis écroué à la Maison d’arrêt militaire d’Abidjan (Mama), située dans le quartier administratif du Plateau, dans l’enceinte de l’état-major des armées. Plusieurs autres officiers sont dans le viseur des enquêteurs. « Nous allons pousser le nettoyage dans tous les compartiments des forces de défense et de sécurité. Nous sommes en phase avec le chef de l’État, qui veut assainir les services publics », explique le colonel Ange Kessy Kouamé, le procureur militaire d’Abidjan.

Pourtant, les actions entreprises pour moraliser la vie publique en laissent certains sceptiques, soupçonnant Laurent Gbagbo de n’enlever que l’écume et de ne pas s’attaquer aux vrais responsables de malversations. L’opposition souligne aussi que pour le moment aucun procès significatif de présumés fraudeurs n’a eu lieu. « Le chef de l’État se présente en défenseur du petit peuple alors qu’il aurait pu déclencher cette opération depuis plusieurs années. De toute façon, il ne peut pas aller plus loin, au risque de créer une hécatombe dans son propre camp et de compromettre sa propre réélection », estime un diplomate en poste à Abidjan. Pour l’opposition, l’intensification des opérations de « moralisation de vie publique », à quelques mois de l’élection présidentielle, relève du « calcul électoral ».