Dossier

Cet article est issu du dossier «Jet-set : le Maghreb bling-bling»

Voir tout le sommaire
Société

Les fistons flambeurs de Kadhafi

Saadi Kaddafi (à dr.) et son frère Mootassem, en Italie, en 2005. © Alessia Pierdomenico/REUTERS

Ils sont sept frères et une sœur dont le mode de vie n’a rien à voir avec celui de leur grand-père bédouin ; huit enfants qui ont grandi dans l’opulence des pétrodollars. Un cocktail détonant lorsque l’argent se conjugue à l’extravagance apparemment inscrite dans le code génétique des Kadhafi.

Pour être juste, il faut préciser que la moitié de la fratrie – Mohamed (40 ans, patron des télécoms en Libye), Aïcha (33 ans, avocate), Seif el-Arab (30 ans, officier) et Khamis (29 ans, officier) – reste somme toute relativement discrète. Seif el-Islam, 37 ans, est lui aussi un cas à part. En dehors de quelques banales aventures de jeunesse, il donne plutôt dans la « jet-set diplomatique et humanitaire », ce qui lui permet d’asseoir sa popularité.

Les « rois de la nuit »

Ceux qui s’agitent le plus sont Saadi (36 ans), Mootassem (34 ans) et Hannibal (32 ans). Depuis plus d’une dizaine d’années, ces trois-là sont les « rois de la nuit », s’adonnent à la fête à grand renfort de bling-bling… et font parfois scandale. C’est au cours de l’été 2001 que ce trio infernal a vraiment commencé à faire parler de lui. Saadi croisait en célibataire – mais pas en solitaire – au large de la Sardaigne avec son yacht de 1 200 pieds (370 m) : en rentrant au port, l’ambiance aidant, le bateau tangua dangereusement, jusqu’à endommager les embarcations arrimées à la marina de Porto Cervo.

Le même été, son frère Mootassem, après une soirée dans une boîte de nuit de la Via Veneto, à Rome, faisait lui aussi des siennes : alors que ses deux gardes du corps se battaient avec trois carabiniers devant l’hôtel Hilton, où il résidait, le fils Kadhafi, pour leur donner un coup de main, s’empara d’un extincteur et aspergea les forces de l’ordre…

À nous l’Italie ! Saadi s’y installe entre 2003 et 2007. Membre du conseil d’administration de la Juventus Turin et footballeur professionnel, il porte le maillot de clubs italiens (Pérouse, Udine et Sampdoria de Gênes) mais se distingue davantage sur les pistes de danse que sur les terrains de sport. Grand (1,83 m), bronzé, reconnaissable à sa Lamborghini Diablo jaune produite en série très limitée et coûtant plus de 300 000 euros, il ne cesse de faire la tournée des boîtes de nuit et des restaurants à la mode

Au point de provoquer une crise diplomatique

À la demande de son père, Saadi se retire du football en 2007 pour tenter une incursion à Hollywood. Mais surtout, l’enfant terrible compte mettre à profit son expérience pour se reconvertir dans les loisirs, avec un projet de « paradis » pour milliardaires qui s’étendra sur une bande littorale de 40 km entre Zouara et Ras Jedir (dans l’ouest de la Libye). Cet endroit, qui nécessitera plusieurs milliards d’euros d’investissements, bénéficiera d’une extraterritorialité, ce qui, entre autres, rendrait licite la vente et la consommation d’alcool, interdites dans le reste de la Libye puritaine du « Guide ».

Son frère, le capitaine Hannibal Kadhafi, fait la fête dans les grands ports maritimes de la planète et dans les capitales européennes, où cela finit parfois mal. Comme à Paris où, en juillet 2004, après une soirée bien arrosée, il descend les Champs-Élysées avec sa Porsche lancée à 140 km/heure. En juillet 2008, la police suisse l’arrête, avec sa compagne, Aline Skaf, mannequin libanaise, dans la suite qu’ils occupaient dans un palace genevois à la suite d’une plainte pour mauvais traitements déposée par ses domestiques. Il s’est ensuivi une crise diplomatique entre la Suisse et la Libye, dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui.

Aujourd’hui, c’est Mootassem, toujours célibataire, qui porte le flambeau. Après avoir « fait ses classes » avec Saadi en Sardaigne (c’est là que ses croisières avec la mannequin italienne Vanessa Hessler trouvent leur origine), cet officier de l’armée a été nommé en 2007 conseiller à la sécurité nationale. Ce qui ne l’empêche pas de faire de joyeuses virées à l’étranger, comme pour cette soirée très privée de réveillon du nouvel an 2010 au club Nikki, sur l’île de Saint-Barthélemy, animée pendant une heure par la très sexy chanteuse Beyoncé Knowles, qui a encaissé pour cela 2 millions de dollars.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte