Politique

Les bijoux trop lourds de la couronne

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Mis à jour le 15 juillet 2010 à 15:13

Il y a les cadeaux diplomatiques acceptés avec un sourire poli, mais qui sont un peu encombrants : la photo encadrée d’elle-même offerte par la reine Elizabeth II à Barack Obama, les bibelots, les boutons de manchette… Et puis il y a ceux qu’on aime, mais que la bienséance interdit de garder : c’est le cas du cadeau fait à Paola, la reine des Belges, lors de son voyage en RD Congo.

Avec son époux, Albert II, la souveraine a célébré à Kinshasa le cinquantenaire de l’indépendance du pays, le 30 juin. La visite se déroule selon le protocole. À un détail près. Avant de partir, Paola reçoit un cadeau imprévu : un collier, un bracelet et des boucles d’oreilles en diamants et pierres précieuses.

Un cadeau embarrassant

L’information sera révélée le 6 juillet par la presse belge, qui affirme que Joseph Kabila est à l’origine du présent. L’ambassade de RD Congo en Belgique dément, précisant que le chef de l’État n’a offert aux invités de marque – dont le couple royal – qu’une montre à l’effigie du cinquantenaire. « L’existence des bijoux est bien réelle », nous confirme Pierre-Emmanuel De Bauw, porte-parole du Palais royal. Selon une source proche du dossier, c’est en réalité la première dame, Olive Kabila, qui les a offerts à Paola.

Le Palais, à Bruxelles, est embarrassé. Comment conserver les bijoux, d’un prix certainement exorbitant, quand plus de la moitié des Congolais vivent dans la misère et qu’une bonne partie de la classe politique belge a pour habitude de fustiger la complaisance de Bruxelles pour Kinshasa ? Ils ne peuvent cependant être rendus sans faire offense. Dilemme.

Après un remue-méninges, le Palais royal trouve finalement une solution. La reine conservera l’usage du cadeau, qualifié de « personnel » – qui n’est donc pas prévu par le protocole, à la différence des cadeaux diplomatiques. Mais il sera cédé à la Donation royale. L’institution, qui appartient à l’État belge, avait été créée en 1900 par Léopold II pour transmettre, à sa mort, son patrimoine à la Belgique. Et notamment le Congo, dont il était propriétaire…